Jean Jaurès - La Convention I

Il LSTOTRI<: SOC l ALl STE habitudes d'un grand nombre d'homrnP, de métiers. Ain,i, de m,'me que rien, dans l'étal social anglai,, n'oblii,eail les pai-san,, presque enlièrrmcnl lihéré, du régimr féodal, it un acte de llôvolulion, rten, dans le régime· économique el industriel, n'obligeait la bourgcobie à l'action ré\'olulionnaire. Est-ce du prolelariat anglais, esl-ce de la cla:;e,e ouvrière que pou1ait venir un mouvement de révolution sociale? ~lai, les proll'lairc, an~lais de iî8!l n'avaient, pas plus que les prolétaires français, une com,cicnce de classe. San, doute leur condition était souvent très dure el leurs garanties étaient fail,Ies. Ils ne pouvaient guère se coaliser utilement pour la dél'enoe de leurs salaire,. De terribles lois répressives, brutalement invoquées par les matlrc:;, pesaient sur les prolélaires. , Les ouvriers désirent gagner le plus possible, le, n,allres donner le moins qu'ils peuvent: les premiers son l disposés à se concerter pour èlel'er les salaires, les seconds pour les abaisser. « JI n'est pas difficile de pré,,oir lequel des deux partis, daus LouLesles circonstances ordinaire,, doit Ul'Oir l'avantage dans le débat, el imposer forcément à l'autre toutes ses conditions. Les maitre,, étant en moindre nombre, peuvent se concerter plus aisément, cl de plus la loi les aulurise à se concerter entre eux, ou du moins elle ne le leur interdit 1ias, tandis qu'elle l'interdit atn ouvriers. è\ous n'avons pas d'acte du Parlement contre les ligues qui len<lenL à abaisser le prix du travail; mais nous en arnns hctucoup contre celles qui t,,ndent à le faire hausser. Dans toutes ces tulle,, les n,allres rnnt en étal de tenir plus longlemp;. Un propriétaire, un fermier, un mailre fabricant ou marchand pourraient en général, sans occuper un seul ou1ricr, viHe un an ou deux sur les fonds quïl, ont déjà amassé,. 13eauconp d'oul'l'iers ne pourraient pas sulisisler sans travail une sen11ine, très peu un mois, el à peine un seul une année entière .. \ la longue, il se peut que le maitre ait autant besoin de rouvrier que celui-ci a besoin du maitre, mais le be,;oin n'est pas si pressant. « On n'entend guère parler, dil-on, de ligues enlrr les maitres, et tous les jours on parle de celles des ouvriers. ~lais il faudrait ne connallre 11ile monde, ni la matière dont il s'agit, pour s'imaginer que les maitres se liguent rarement entre eux. Les maitres rnnl en tout Lemps el partout dans une sorte de ligue tacite, mais constante el uniforme, pour ne pas éleYer les salaires au-dessus du taux actuel. \ïoler celle règle est partout une action de faux frère, el un sujet de reproche pour un maître parmi ses voisins el ses pareils. A la vérité, nous n'entendons jamais parler de celle ligue, parce qu'elle est l'étal habituel, et on peul dire l'étal naturel de la chose, et que per:1onne n·y fait attention. Quelquefois, les maitres fonlenlre eu, des complot, particuliers pour faire baisser au-dessous du Laux habituel les salaires du travail. Ces complots sont loujoursconduils dans le plus grand silence el dans le

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