Jean Jaurès - La Convention I

ü0\ llTSTOl RE SOClA LISTE pour quell(ues parlies ùe plaisir Olt pour se distraire. sans que la conYer,alion finisse par quelque conspiration contre le public, ou par quelque machination pour faire hau,,rr les pri,. Il est impossible, à la virité, d'empiJr!1t·r en ,., 111ir1,m par 1111r loi qui puisse s'exécuter, ou qui soit compatible m-rr fa /i/J,,rt,:et lajwtice; mais si la loi ne peul pas empêcher les gens du m,•nu•ml-lier de s'assembler quelquefois, au moins ne de, rait-elle rien l'aire pour faciliter ces a:;semblées. el bien moins encore pour les rendre néces- ~airc~. « Un règlement qui oblige tous les gens de même métier dans une ville à faire inscrire dans un registre public leurs noms et leurs demeures, facilite ces ;i:;,emblées, il établit une liaison entre des individus qui, autrement, ne se seroirnt peut-êlre jamais connus, et il donne à cbaque homme du métier une indication pour tromer toutes les autres personnes de sa profession . • Cn règlement qui autorise les gens du mème mitier à se taxer enue eux pow· pow·vvù· au soulagement de leurs pauvres, de leurs malades, de /ew·s 1·e111·es t orphelins, en leur donnant alors des intérêts communs û régi,•, rend ers assemblérs nicessafre,. • û ne corporation rend non seulement les assemblées nécessaires, mais elle rait encore que la lolalilé des memhres se trouve liée par la loi cle la majoril<'. Dans un mutier liure, on ne peut former de ligue qui ait son e!Tel, q,.e par le consentement unanime de chacun des individus de cc métier, el encore cette ligue ne peut-elle durer qu'au tant que chaque individu continue it èlrr du même avis. ~lais la majorité d'un corps de métier peut établir ce statut, anc des dispositions pénales, qui limitent la concurrence d'une manF·re plus efficace el plus durable que ne pourrait fair~ aucune ligue volontaire quelconque. • Lïndividualisme économique d'Adam Smith est, comme on voit, à peu près ausû marqué que le ,era celui rles ré,·olutionnaires de France. JI est presque tenté ctïnlerdire mème les réunions de charité mutuelle parce qu·elles peu I ent devenir le germe de la vie r,orporati ve. Par là il va jusqu ·au seuil de ce qui sera la loi Chapelier. Et cela confirme ce que nous avons dit de celle-ci. Sans doute elle répond, pour une part, à un calcul de classe. Ce sont des assemlJlée~ d'ouvrier,, ~e coalisant pour élever leur salaire, que la Constituante a voulu proscrirr. )lais elle n'a pas cru l'aire essentiellement rouvre de classe. Elle a cru qu'elle appliquail des principes incontestés. La méfiance d'Adam Smith à l'égard des corporations el de toutes les assem!JUes qui y peuvent conduire n'a aucun caractère bourgeois. Car ce n'est pa, à des réunions de salariés, interdites d'ailleurs par des statuts terrilJles, c'est à des réunions de maitres, d'artisans indépendants et de marchanu:; que pense ici Adam Smith. )Jais s'il déteste le régime corporatif, il sait qu'il elit en ,oie de décomposition, CL d'ailleurs dans la mesure où il subsiste encore, il répond, sinon aux inlét·êts, du moins aux préjugés cl aux

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