Jean Jaurès - La Convention I

HISTOl!lE SOCIALISTE G43 substantiels et vrais, le zèle de la propriété privée, la convoilbe el l'orgueil qui en sont inséparables ont suscité des progrès factices et funestes. • La mode u,e au service de ses caprices el de ses frivolités d'innombrables forces de lra,•ail. Des lillérateurs de pacotille fabriquent des romans à la grosse, pour remplir un peu la lMe vide des femmes. Les vrais artistes, ceux qui crécut des formes sévères el pures de beauté, ,ont rebutés par les princes, par les riches, maitres de l'art même el du beau par la puissance de l'or. Le tra,ail el la vie même des peuples sont comme pétrifiés en palais faslueu, el médiocres, où éclatent la vanité et la sottise. c·est à peine si, de hin en loin, une pure 0eur de beauté el de noblesse peul éclore. Les éducateurs de la nation, pauHes, dédaignés et blêmes, ne lui communiquent que lrisles,e et incertitude. Voilà au moins une part des effetsde la propril'té privée. Elle par- , ienl encore à tromper l'homme sur ~a propre nature. Parce que la propriété dirige et égare l'industrie, parce qu'elle lui impose des œu1res inutiles ou insensées, on croit que c'est la propriété qui suscite lïnduslrie. Non: elle la perverlil, elle ne la crée pas. Elle la précipite en de faux chemins; elle n'en esl pas le ressort. • Le principe de toute activité est le sentiment de la force. Si ce sentiment est dès la jeunesse nourri el dirigé par le travail, alors l'emploi de celte force devient une nêcessité absolue, el le mode d'emploi de celle force est déterminé en parlie par la direction qui lui est syslémaliquemenl donnée, en partie par le goOt de la nation. c·est ù l'éducation à décider du mode selon lequel cette force de travail s'exercera. Et le jour où lïntérèl de l'Etat ne se confondrait pas artifiCÎcllement avec l'intér0t de castes d'e,ploitalion el tl'oppression, le jour où !'Etal aurait "ecoué le lourd parasitisme des hommes de loi, des douaniers, des bourreau.,, des moines, ce jour-là l'irrésistible force de travail se dirigcrail vers lïntérèt commun de !'Etal et des individus, ,ers le bien-être large et sain de tous. » « Dans les communautés des frères )foraves, qui n'ont point de propriété individuelle, qui ,ont seulement les administrateurs temporaires du domaine commun, le travail esl très actif, et l'industrie très perfectionnée. El si ces hommes paraissent tristes et sombres, c'est à cause t.le la dureté de leur loi religieuse, ce n'est point parce qu'ils sont déliés par le communisme des soucis et des luttes de la vie. « Ce n'est pas la forme politique, la forme extérieure des sociétés qu'il importe de changer. Les régimes politiques les plus divers peuvent ètre Lons, s'ils préservent les citoyens de l'arbitraire. Mais ce sont les rnœurs, les systèmes d'éducation et les inslilulions sociales qu'il faut renouveler pour substituer la paix et la joie de la propriété commune aux conOits et, aux douleurs que suscite la propriété privée. • Mai, qu'advie,1dra-t-il des métiers les plus bas et pourtant le, plus nécessaires, et auxquels on 11ese soumet que par cette extrême nécessité qui ue

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