010 HISTOIRE SOCIALISTE mand me r(•serrnil hier une autre joie: Sur l'homme et sa condition, 1792, petit in-octa,o, Dcrlin, à la librairie de Franke. C'est une des plus rares productions ,Je notre temps, l'œtnTP rt'un homme jeune, qui pense el sent avec jusle,,e. Je ,ouùrais savoir qui il est et comment il se nomme. Comme il est impossilJlr qu'il y ail accord complet des esprits, il y a un point sur lequel ses ,ues s'éloignent des miennes: ce sont ses idées politiques sur la comm1tna11téde la p,·opriété . • ,un livre communiste à Berlin en 1792, en pleine tourmente cle la Révolution, el un lil're qui passionnait le grand el libre espril de Forster 1 Je signalai le pa,sage à Erlouarcl Bernstein, q.ui a recherché el trouvé le livre à la Bibliothèque royale de Berlin. Il en a publié dans le 3' cahier de ses Documente des Socialismus la partie communiste. L'objet essentiel du livre est l'éducation, et nulle part l'auteur (inconnu) ne se rallache directement et explicitement à la Révolution française. Mais est-il possible d'admettre que l'immense renouvellement politique et social de la ~'rance n'ait pas agi sur un esprit aussi épris de nouveauté? Aussi bien, il se réfère aux œuvres de Wieland, qui, comme nous l'avons vu, a souvent abondé dans Je sens de la Révolution française. Comment le jeune écrivain qui se proclame Je disciple, presque le filsintellectuel de Wieland, n'aurait-il lu que les œuvres politiques et sociales du maitre antérieures à la Révolution, el aurait-il négligé ce qu'il écrivait sur la Révolution elle-même, spectacle prodigieux 7 Il me semble d'ailleurs, à la façon dont il parle de Wieland et se réclame de lui, qu'il espère couvrir de son autorité ses propres hardiesses, el qu'en même temps il reconnaît l'a\'oir dépassé. , ,les guides, écrit-il, furent les œuvres de Wieland. Je trouvai là la nature plus nettement caractérisée qu'elle-même ne s'offrait spontanément à moi. ,les pensées se séparèrent chaque jour davantage des pensées communes; je trouvai dans notre coudilion, et dans l'ensemble des institutions qui devaient nous préparer au bonheur, tant de choses contraires au but, que je ne pus réprimer plus longtemps le désir de soumettre mes idées au public et de m'éprouver ainsi moi-môme. C'est en lisant Je Afiroir d'or et !'Histoire de /Janishmend que mes pensées _prenaient force... Ainsi ce n'est point par un vil larcin que je me suis approprié ce qu'il peut y avoir des autres dans mon livre, el c'est pour être assuré contre tout soupçon de ce genre que j'ai publiquement reconnu ici combien je doi~ au père de la littérature allemande pour mon éducation. Quelle attitude prendra Wieland à l'égard de cette mise en œuvre de ses propres travaux: c·est ce que m'apprendra bientôt ou un ju• gement public, ou un silence plein de mansuétude ... Mais pourra-t-il y avoir déshonneur pour lui à avoit ouvert mes yeux qui, à J,1vérité, restent mes yeux?» Ainsi il a bien conscience de la hardiesse de son entreprise, e[ il engage tout ensemble et dégage Wieland. Il voudrait se couvrir de lui, et il craint
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