Jean Jaurès - La Convention I

JIISTOII\I> SOCI.\LISTE 6Lt•intoltirahlc au, paisans do France. La grande vagu e révolulionnaire qui soulernit r,•,pril de Fichlt' ne lui arrivait pourtant que ralentie et alanguie. ~lais s'il esl moins hardi que la Révolution française en mouvement à propos ,le, biens et des droils féodaux, il va jusqu'au b out de l'expropriation r(•rnlutionnaire pour les biens <l'Église, ou du moins i l y parail aller. Sa d6du>'lion est forte, hardie, presque prorncante. c·est un e audacieuse application de la critique kantienne à la théorie des contrats. De même que, scion Kant, les catégories de la raison ne valent que par leur applir~tion à !"expérience el dans le champ de ! "expérience, de mème, srlon Fichte, les contrats ne valent que lorsqu"ils se ré alisent dans les limite· du monde sensible. Or, les contrats conclus avec l'Ég lise touchent, par un bout, à la terre dont on abandonne à l'Église une portion, el p ar l'autre bout aux région~ invi,ibles où l'Égli-e promet d'invérifiables avantages. Les contrats aYec l"l~glisesont donc hors du monde manifesté, ils n'ont donc ni sens ui réalité, ni force contraignante pour l"homme. • Aucun contrat n'c,t e,écut6 ju,~u"il ce quïl ail été introduit dans le monde des phénomènes, jusqu'il ce que les deux par lies aient fourni ce qu'elles a,aienl promb de fournir. t,;n échange de biens terre stres contre des biens célestes ne püs,e pas, au moins en celle , ie, dans le monde des réalités sensibles. Le possesseur des biens terrestres a bien fourn i sa part, mais le propri••taire de, biens célestes n·a pas fourni la sienne. C'est seulcmenl par la roi que le premier s'est approprié un hien en échang e dugurl il ne donne pas seulement rr,pérancc que srs biens à lui pa,sero nt à l'Église, mais la po,-e-,ion réellr de ces biens. Qui ,ail sïl a réellement la foi à l'Église? Qui ,ait,'il laganlera toujours, ,il ne la pertlra pas a1·ant1,a !ln·?Qui sait si l'Église a la ,otonté ùe tenir sa parulr '/ El si, même au cas où elle aurait maintenant cC'lte ,olonlé, elle n·en chang,•ra point? Qui suit sïl y a là vraiment, ou non, un contrat r~el entre deux p:1rti,•s ·? :Sul autre que l'Omniscicnl. Llne partie ou 1,,, deu, pen,·rnl il tout moment révoquer leur ,olonté, dè s lors la volonté récipr.,que n'e,t point entrée dans le monde du phénomène . • Le po-se,,eur des bien, lerre:,Lrcs en a fait la liuaiso n, el il a reçu en retour le droit 1rr,,,i'rer ,pie l'É,dbe linera au,si: il pense que sa propriété est drvenue propriété tic l'Église .. \Iainlenanl il perd la foi ou en la bonne volonté de l'Église ou en sa capacité de le rendre heur eux, il n'a donc aucun dédo111ma3emen1 à e,pérer. Sa volonté est changée et son bien suit sa rnlon té. Celui-ci était toujours resté q pru1,!'iété, maintenant il se l'approprie de nounau rcrll,•mrnt. Si l'on a en quel11uc contrat le droil d e repenlir, c'est manifc,tcuwnl dan, un contrat a,·ec n> 0 tbe. l'as d'imle11t1tilé ! :i.ous n'a ions pn, joui des bit•n, ,·élesles de ri::~tbc, l't.gli-e peut le~ repr endre; elle peul nous fr.,pper d~ ,es peint•,, tlt• ,on anathème, de ,a damnation. Elle en e~t pll'inement liure, - et si nous ne croi on, plu, à l'É 0 li,c, cela ne fera pas grande imprc~>ion ,ur nous ..

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