Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOII\E SOCL\LISTF. ------------------------------ fendre. li prolc,lc avec force contre les dr.13on11adesqui, dans un État allcm.1nd, furent dirigées contre les dèbilfs knlalives de violence de:; pai-ans. Contre toute ,crviludc per,onnelle, il prononce la sentence définitile : l'abolition sans indemnité. El il indique, pour le rachat d,•s servitudr.réelle,, un sysl~mc qui :;era appliqué plus lard en Allemagne "l ,·n Hus,ic. )lais il e,t vrai que, malgré sa ferveur de justice el l'intrépidité de ,on âme, il ne perçùil p,,s toute la puissance des vibrations rél'olnlionnaires dl' la Frane1•. li parait ignorer, quanti il parle du failJlc soulèvement des paisaus allemand,, 'lue prrsque partout avant le I août, el bien souvent depuis, le, pay,-an, rrançai, ,'étaient rnulc,és el que celle explosion de force n'avait pa, élé étrangère à l"abrogation des droits téodaux. Et surtout, c!Jo,e curieuse, Fichte qui e,t si informé pourtant ùe, cho,e, de France, des décrets des Assemblées, ùes mou,enwnt; de l'opinion, et qui fait particulièrement allusion aux projets de !or agraire, scmhle ignorer les décrets ùe la l.i•~i,.lalive ,u1>1Jrimanlsans inùemnilé, aprè, le Dix Août, des catégorie, cntit•rc, de droit, féodaut n·eb. le cen;, le champart, etc. Ce; décrets. d'une si grande importance politique et ,oci3le, se perdirent-il, un peu dans le lcrriblo éhlouis,rrnenl ùe la Hé1olt1liondu Ili, Aoùtt Ou bien Fichte, préoccupé d'éliminc r loul Il-si ,tème féodal :;an; toucher au dr11ilde propriété, a-t-il tait rnlonlaircmcnl le silence sur d,·, lob d'elproprialion qui contrariaient son système et pouvaient, ,el,m lui, compromettre en Allemagne la Ré,·olulion ·?Son argumentation, comme sa conclu,ioa, csl wi peu limiùc. li ,·,t bien, rai qu'il esl impo,sible de retrouver le, premier, oppre,scur, el le; premiers opprimés cl leurs descendants. ~lais si, dans son en,emlil~. le système féodal est une œune d'usurpation et de violence, s'il a son origine dan, la for,:e brut.ile et déréglée, qu'importe à la cla,se spoliée qu'il :;oil de- \'enu difficile, par la longueur même de J'inju,tice qu'elle a ,u!Jie, de mesurer cl de doser C;\aclcment les r6paralious el le, sanctions indi\iùuellcs·? c·e,l à une libération d'ensemble qu'elle a droit et qu'elle• prétend . .-\ussi les ré\'olulionnaire; françab ne craignaienl pas ùc l'ouiller jus1u'à la racine bi-torique du droit féodal cl de la mettre à nu. u·un gc,tc la Ré,olution l'arrachait. Les pay,ans lran~ais, lle1:;, conscients de leur ùroil et cl~ leur force, n'auraient jamais con,enli à la sululiou imagiuée par Fichte Cl qui pré,audra plus tard en plth d'un pays. Quoi! pour uous libérer ac:; cornes, des dimes féodales, des droits censuels et casuels qui pè.ent sur nous depuis ùes siècles, il faudra que nous le, consacrions au prolil ùu seigneur et que nous les consolidions en capital foncier! Et pour nous débarras,er ùe la ;;eniluùe qui infe:;le toute notre terre, il faudra 11ue nous abandonnions au noble une parLie de cette terre en toute µroprictô! Pour netlo)'cr notre jardin de l'herbe féodale qui l'a tout Cll\ahi, il faudra que nou, remellions au seigneur quelque:; carrés du jardin, et nous ne pourrons purger notre petit domaine de Ioule senilude qu'en le mutilant! Cette ampulalion aurait

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