Jean Jaurès - La Convention I

lllSTOl!lE SOCI.\LlSTE ils pas la fùrce morale de refuser les offres qui pou1'1'aient leur èlre foilPs, et de maintenir en fait lïnaliénabililé du domaine·? Pourquoi font-ils appel à l'inlervenlion de la loi, qui met hors clu commcrct' une partie de la terre allemande'! Défi, pour faciliter l'échange de,; bien, de chevalie1s cuire nobles, la nobles~e a eréô des rai,,es de prèt, qu'elle alimente seule (ou avec le concours de l'f:Lal), el où elle puise seule. C'est, dil Fichte, une comhinaison assez égoble, et ce crédit de caste est bien étroit. 11,tis enfin, il n·y a 1ien li, qui offense la justice. Pourquoi les nobles vont-ils au delil, et excluent-ils labourgeoi~ie cl le pay,-a,1 du droit d'acquérir certaine catégorie de biens? Il faut que le principe des biens de chevaliers tombe. • )lais il y a d'autres pri lilèf(es, dont la noblesse est jalouse et qu'elle n'abandonnera pas rnlonliers aux mains clucitoyen. E,aminons-les donc pour voir si le proprittaire foncier, qu'il soit noble ou non, est \l'aiment fondé à les revendiquer. Nou, trouvons d'abord de., clroils sur les biens des paysans, corvées déterminées ou indéterminées, droits de pacage el p:l.luragc, et autres analogues. Nourne voulons pas rechercher l'origine réelle de ces droits; supposé que nous en découvrions l'injustice, nous n'aurons rien arnncé par là, parce que sans doute il serait impossible de trouver les vrais descendants des preruiers oppresseurs el des premiers opprimes, el de désigner à ceux-ci l'homme auprès duquel ils auraient à se pourvoir. - Mais l'origine du droit est aisée à montrer. Voici comment on justifie théoriquement el juridiquement ces rcde1ances. Les champs ne sont qu'en partie ou ils ne sont p!s du tout la propriété du paysan, et celui-ci esl obligé de rayer l'intérêt ou bien du capital du mattrc foncier engagé sur sa terre (c'est ce qu·on appelle en langage féodal: eise,'/1.erstamm, la btanclte de fer), ou Lien mème de la totalité du domaine; el cet intérêt, celle rente, il ne la paie pas en argent, en monnaie, mais en services, en a1anlages procurés par lui au matlre foncier sur le domaine qu'il ne possMe qu~ sous condition ou à litre de prêt. :\Ième si ces pri1ilège:; ne s'étaient pas con;lilués ainsi à l'origine, tout s'équilillre par J"échange des iliens de chevaliers et des biens de paysans. li est naturel que Je paysan paye d'autant moins pour l'achat de son domaine que les charges qui pèsent sur ce domaine el les intérêts comptés en argent représentent un capital plus considérable, et que le possessenr d'un bien de chevalier paie d'autant plus pour l'achat de ce domaine que les services des paysans qui s'y rattachent, évalués en capital, sont plus importants. Dès lors, celui-ci a en re.ililé payé la valeur des rcdevanc~s, et c'est à bon droit qu'il exige le payement des intérêts. Conlre la légitimité de celle revendication en soi il n'y a rien à dire, et c'était au reste par une grossière attaque au droit depropi·iété, qu'il y a quelques 1.m,wes,les paysans d"un certain Etat t'oulaient se sou.;- ll'aire violemment, et sans la moindre indemnité, à cesservices. Cette attaque au droit de propriété provenait de l'ignorance des paysan,s, et aussi de l'ignorance d'une partie dela noblesse, qui ,i'était pas renseiqnéesw· le fondement

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