Jean Jaurès - La Convention I

lllSTOlUE SOCIALlSTE de droit de se, 1,roptes J1l'ilentions. EL 011 aurait paré au danger beaucoup micm par u11cadresse fortement motivée que par de ridicules dragonnades et de déshonorantes condamnations au régime de forteresse. (Les paysans armt's de l'au, cl de fourches n'auraient pas tardé à renoncer à toute allaque; mais te lieutenant N... venqea l'honneur des armes de l'État dPS ... , raconte un pompeux historien de celle glorieuse expédition.) -Mais contre la façon dr percevoir ces intérêts il y a beaucoup à objecter. Je ne veux pas parler du dommage que cause à tous le droit de pacage. Après toutes les démonslra• lions qui en ont été faites el qui sont demeurées stériles, il parait inutile de ,c dépenser encore en argu menls. Je ne veux pas parler non plus de ta dépense de temps cl de forces, et de la dégradation morale qui résulte pour tout !'Étal du système des corvées. Les m6mes mains qui travaillent à la corvée sur le champ du seigneur, te plus languissamment possible, parce qu'elles travaillent à regret, travailleraient autant que possil>le sur un champ à elles. Le tiers des corvéables, !outs à un salaire raisonnable, produiraient plus que ces travailleurs forcés tous ensemble. L'État aurait gagné les deux tiers des travailleurs; les campagnes seraient mieux travaillées el utilisées; le sentiment de ta servitude, qui corrompt profondément le paysan, les plaintes réciproques qui s'élèvent entre lui el le seigneur, el le mécontentement où il est de son propre étal, disparaîtraient. li serait bientôt un homme meilleur et te seigneur aussi. Je veux aller au fond mème de ta question, el je demande : D'où vient le druit de vos « branches de fer », de vos cens perpétuels, de Ios redevances éternelles? Je vois bien que tout cela procure les plus grands avantages à ceux qui possèdent, et particulièrement à la noblesse, qui a imaginé ces formes de redevances. ~lais je ne demande pas où est votre inlé· rêl, je demande où est votre droit. - Votre capital ne doit pas vous être dérobé, cela se comprend de soi-même. Nous ne pouvons pas non plus \"Ous obliger à en reccrnir de nous la compensation en arg1•nt. Vous 6les copropriétaires de 110Lrebien, el nous ne vouvons vous obliger à nous vendre votre part, si rnus ne voutez pas vous en défaire. Soit! Mais qui nous dit pourquoi cc seul bien est nécessairement indivisible, el ne doit former qu'un seul bien? Si Yotre copropriété et la façon particulière dont vous t'exercez ne nous plaisent plus, pourquui n'aurions-nous pas le droit de vous rendre votre parl'l Si je po-sède deux charrues de terre, et si je n'ai payé que la moitié de leur valeur, parce la seconde moitié doit rester votre « capital de fer >, la moitié de deux charrues n'est-ce point une charrue? J'en ai payé une, el ta seconde est il vous : je garde la mienne, reprenez ta vôtre. Qui pourrait élever un grief contre celle opération? - Vous esl-il au plus haut point incommode de la rcµrendrc? Soit, s'il peut m'être commode à moi de la garder, faisons un nouveau contrat ,ur le mode de règlement des intérêts, qui soit avantageux non seuten,ent pour vous, mais pour moi. Si nous sommes unis, les choses 1,euvenl alier ainsi. - Voilà les principrs de droit, d'où procèclenl des

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