Jean Jaurès - La Convention I

JIJSTOlfiE SOCIALISTE ploraienl l,t misère <lr la rrine. En Yérilé re n·esl pa~ la bonté d':l.me qui tait di-fa!lt à notrP lenq ,. Mais toules ces plaintes impliquent nn système, cl cc ,V>li>mcc'e,t celui ci : JI y a une classe de mortels qui a je ne sai; quel ,!;oil à conlenler toulPs les fantaisies que lui peul suggérer lïmat;inalion la pins ,!i•r(,glée. Il ~ a une scconùc classe qui n'a pas droit toul à fail à aulant de bernins que la première. Il en est nne troisième qui n'a pa~ toul à fait autant de dt'oib que la seconde, jusqu'à CP qu·enlin on soit ùe,ccndu à une clas$e qui doil èlre pri\'ée du plus strict nécessaire pour assurer à ceux d'en hanl le plus large snpernu. • Donc la scr\'ilude personnelle sera abolie sans autre indemnité qu'une pension modeste au" privilégiés d'hier que leur privilège méme aura rendu incapables de gagner leur vie. Cc sera une indemnito, non pa_sdu dommage qui leur c~t causé par la suppression du pri\ilège, mai,au conlraire, du dommage qui leur fut causé par le privilège. El ici encore, sous l':l.pre ironie juridique, il y a cc souci des ménagements el des transitions qui ne quille jamais Ja pen,;ée allemande, même chez les révolutionnaires 1•éhéments comme Fichte. Pour cc que les Con,Liluants appelaient la scrYilnde réelle, pour ce que Fichte aµpelle les droit, sur les choses, en un mot pour toutes les redevances féodales, cPns, conêe,, etc., qui n'entrainent pas ou ne suppriment pas direclement la liberté individuelle, c'csl au sy,;tème du rachat qu'adhère Fichte. L'esprit révolutionnaire des paysans de France est parvenu jusqu'à lui, mais allénué, comme on le Yerra, rl amorti. Il attaque à fond le pri,ilègeuobiliaire. La noblesse avail un sens dans le monde antique, oü de Jarges espaces s'oU1raknl aux héroïques initiatives. La gloire de la famille excitait les descPn<lauts à déployer à leur tour les grandes el audacieuses ,erlus. ~lais les ,ociélés modernes sonl un mécanisme bien réglé oü toutes les activités sont égalemcnl prises. Aussi bien, Vichte trouve inutile el injuste d'abolir, par la loi, les noms de noblesse, d'arracher à des familles illustres leur désignation traditionnelle, el en cc point il se sépare de l'Assemblée constituante. Il veut même laisser subsister les tiL,es de noble,,e qui ont fini par s'incorporer au nom de certaines famille;. ~lais il demande que nul ne soit tenu, par la loi, de désigner sous ces litres telle ou telle personne cl de la saluer d'un: 1\Ioasieur le comte ou :..tonsieur le baron. Il demande en outre (el cela est en réalilo l'abolition des litres de noblesse) que chaque citoyen puisse s'en a!îubler à son gr6. )lais ce sonl les privilège~ de propriété, plus encore que les privilèges de vanité, qu'il ,eut détruire. D'abord, les nobles se sont réservé une certaine catégorie de biens, les hicus de chevaliers (Rittergüter), que des nobles geuls peU1enl acquérir. lei l'or bourgeois perd sa valeur, il n'a plus puissance d'achat. Les nobles prétendent qÙe la propriété foncière est la base néce,;saire de leur privili!ge de noblesse. Soil; mais alors pourquoi les fils n'auraient-

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