Jean Jaurès - La Convention I

Il!STOlllE SOCIALISTE Mais il y eul du flottement dan, la pensé•"" la Commune. Aprê< av;iir enl'oyé des commissaires pour proté,;er uniqucmrnl h•s prisonnier; p,rnr dPlte,. il ,rmblr, d"après le pMcès-verbal. qu't•IIP se ravise, mais comhi,•n incertaine el timide'. el songe à étendre ~a prot,•ction à 1011, !,•, p isonni,·r, • « On nomme des commissaires pour se transporter à la pri,on de l'Ahhaye protéger le, prisonniers. • t:n peu plu, tar,I encore, • 1111 membre raconte re qui se passe à l"AbbaJ·e; les citoyens enrôlt,,, rrai1:rnant 11,•lai-ser leur \'ill,• au pouvoir des malveillants, ne veuknl point partir qne tous les scélêrals du iO Août ne -oient e1terminés. • Evi<lemmrnt, la Commune laisse raire; mais pour d(·gager sa responsabilité. • le Conseil arrête que quatre commissaires se transporteront à l'Assemblée naliomle sur-le-champ, pour lui rendre compte de ce qui •r pa--c ·actuellement au, prisons el quelles mesures on peut prrnrtre pour pré<Crî'er les prisonnier;; •· Ain•i la Commune voulait pas•er à l'Assemblée légblative le fardenu dr ces terribles événement,. L'As~emblée s'était réunie, en une detnit!me séance. à si, heures du soir. La delégalioo du Conseil génrral de ltt Commune pnrul à la barre: « Il se fait des ra•srmhlements autour deg pri•on, et le peuple vPut en Corcer les portes. C'est en vain que 11 plupart des conseiller, g..nr-- rau, de P 1rfs se sont port~s au devant du pt•uple partout où il y avait 1lu dani:er. D jà plusieurs prbonniers sont immolt'•, le;; moment, sont pre~ sanb. Le p1•uple est tou~ dbpo•é à marcher au~ frontières, mab il conçoit ae justes alarmes sur l'intention d'un grand nombre de per~onne,; am'té1•s et pré,enues de crimes de conlrc-ré1•olulion. • Sur la proposition de Dasire, ami de Danton, l'Assemblée nomme ausoilôl douze commissaires. Mais je n'entends aucun cri de pitié; je n·entends pas la protestation de Thuriol. L'Assemblée semble s'acquiller en silenc,• d'une rormalilé pénible. Les commissaires, atn derniers rayons du •oleil d'automne déclinant, assistent, impuis-ants·, à la tuerie, el le vieu,, Dussaulx, le traducteur de Juvénal, retourne à I'Ass<!mblée: « Les députés que vous avez envoyés pour calmer le peuple sont p~rvenus avec beaucoup de peine aux portes de l'Abbayo. Là nous avons essayé de nous faire entendre. Cn de nous esl monté sur une chaise, mais à peine eut-il prononcé quelques pnroles que sa ,·oh: rut couverte par des cri• tumullueu'<. Uu autre orateur, M. Basire, a essay6 de se !aire écouler par un début a<lroil; mais quand le peuple Yit qu'il ne parlait pas selon ~ vues, il Je força de se taire. Chacun de nous parlait à se9 voisins à droite et à gauche, m,ii~ les intentions pariflques de ceux qui nous écoutaient ne pouvaient se communiqurr à des milliers d'hommes ras~mlllés. Nomrnous sommes retirés et les léaN1res ne nous ont pll3 permis de ,oir ce qui se passait, mai• Je nP saurais ra-surer l'As,embrée sur le5 suites de-cet événement malheu~u"I'.. Le peuple- est sure'tcité au point de n'écouter personne. Il craint d'êlrt trompé. •

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