11ISTO Ill F: sor.r ALIST 8 619 em, aucune indemnil6 ne peul être réclamée creu~ ,ous préle,te qnïls allenlent aux jouis•ances du mallre, car les jouis•ancrs d'un homme n·onl aucun droit ,ur les forces cle lrav,,il des antre,; hommes. En est-il de même de la propriété, el Fichte dira-l-il que la propriété non plus n'a aucun droil sur la rorce de lraYail des hommes? Il semule que la lo,:iquc Je conduis.,it il celle conclusion r,trèmr: car loulc prc,priélé ,r rèsoul en un sy:;tème de jouissances, elle ·procure finalement au propri,··- laire la sati:;faclion de be,oing variés, uesoins èlémenlairr, de la \ie, be,oin,; de luxe, ue,-oins de liberté ou de dominalion. Si donc les joui,sances d'un homme ne peuvent prétendre à aucun droit sur les forces rtr tra,ail 11, autres hommes, la propriété qui e•t comme une somme de possibilité, cl~ jouissance ne peul non pins prëtendre à aucun droit sur ces forces ile travail. Oui, m:lis ceci est la négation ab,olue de la propriété. C1r ,i elle n'absorbe pas, pour se renouveler et se conlinuer, pour a,surc,· au po,,,édant la reproduclion indéfinie des rruils sur la perpétuité du fond,, une partie de la force de travail humain qui y est appliquée, si Ioule celle force de travail retourne par une rémunération pleinement acléquale à celui qui la dépense sur Je domaine, la propriélé n'esl plus. Elle passe rapidemenl au, m:iins de ~eux qui en h traYaillanl la créenl. Et il n·y a plus enfin d'autre propriëlé que celle du trarnil. La pensée de Fichle élail à coup sOr enS?agéo dès lors dans Je, , oies hardies, et on sait qu'il aboulira quelques années plus lard à un système socialiste. )fais en !793, ou il n'a pas encore YU nellement, ou il n'alOu~ pas ces conséquences exlrêmes. Il tourne l'ob,tacle : il ne J'attaque pas de front. Oui, la propriélé esl légitime. Oui, celui qui a rr~u un p1lrimoine de, aïeux doit Je conserYer. )lais le passage de l'cscla,·age el du scrrnge il une aulre forme de contrat de travail, au salarial, ne supprime point la propriété et n'en rend pas impossible le maintien, le ronclionnernenl, l'accroisse,nent. Ce sera J'a1îaire du possédant d'appeler à lui el de retPnir par un assez ha• l salaire la force de travail qui s'appli~uera à ,on domaine. Et si les lravailleurs élèvenl leurs exigences de salaire au point de diminuer les re,·enus de la propriété et par conséquent sa valeur/ ici encore il n'y a pas lieu à indemnilé, car le surcro!l de rnleur perdu mainlenanl par la propriélé résullail de l'insuffisance du prix pa)é, sous le régime du servage, à la force de lra,ail. C'est donc cette force de lravail qui créail celle survaleur; comment donc serait-elle tenue à la créer mainlenant une seconde fois par le paiement d'une indemnilé? A la honne heure: mais à mesure que Fichte développe ces fo,tes déductions, notls sommes ohséùés, nous socialistes modernes, par la qucsliou décisive : Oui, mais si la force de lra,·ail élè\'e à ce point ses e.,igences de salaire que les revenus de la propriélé soient non seulemenl diminué•, mais réduils à rien, n'est!ce pas la suppression même de la propriélé?
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