Jean Jaurès - La Convention I

lllSTOlllE SOCIALISTE eu se ùonuail touL entier au mouvcmeat révolutionnaire. Dans •m livre sur la Rhol11lion, auquel il mil le tilrr sigaiflcalif de Oui ott Non, il affirme quïl faut prendre parti, el il prrnd parti. Il sera ju,qu·au bout, même au lra, rrs de leur5 violences et de leur, fauLes, avec le, révolulinnnair,,, • TumlJc la l~le de, rois, si le sang royal ainsi vcr,û appeiie sur Je~clroil, de l'homme l'allention des peuples!» Ceux-là aiment médiocremenL les hommes soufTra11L;i;g, norants, accablés, qui ne l~ur pardonnent ni le, égarrmenls ni m,'me les crimrs dans leur marche difficile el lroublèe l'Crs la lumi<',rcel le clroil. Ainsi des sources profondes de pitié, d'humanité, gui lon~Lemp, en silrnce alimenlèrcnl l'àme de Pestalozzi, jaillilenlln l'énergie révolutionnaire. ll ,e rencontrait à Zurich, au commencement de 1ï03, a,·ec Fichte, el ces ùeu, c,1,rils ardents mèlèrenl leur namme. Fichte, disciple de Kant, rnais plu, audacieux que ~on mallre à se jeter aui: luLLesde la 1ie, s"élail passionné pour la Hé1olution française. La philosophie de KanLmellail Loule la dignité de l'homme clans la liberté de la pensée, dans J"auLonomie du vouloir. ~lai,, se demande Fichte, que deviendra cette liberLé de la pensée el du vouloir, ,i la Ilérnlution succombe? Ce n'est plus avec le libéralisme q\'isé d'un Frédéric li ou d'un duc de \Y~imar, c'est a,ec la fureur ùe la contre-rérnlution triomphante gu·aura à compter l'esprit humain. Les puissant, feront violence à la pensée même pour en arracher toutes les secrètes racines révolutionnaire,. Donc il fauL lutter. JI ne suffit plus de défendre la pensée libre, comme le foiL Kant, en la pratiquant avec une fermeté mesurée cl inflexible. li faut prendre l'olTensire, dénoncer les sophismes el déjouer les complots de ses ennemis. Ainsi en Fichte !"animation de la crise révolutionnaire passionne la profonde philosophie kantienne de la liberté el la Lourne en une force de cornbaL. En ceLhl)mme intrépide et pauvre, qui traversait à pied toute l'Allemagne pour chercher les leçons qui le faisaient vivre, il y avait une sorte de fierté plébéienne à la Jean-Jacques, mais avec plus de Lerrne morale, de constance et de mesure. C'est de Zurich, en iî93, que Fichte, âfré de 31 ans, lance à l'Allemagne son premier manife,le politique : • La liberté de pcasée redemandée aux princes de l'Europe qui l'opprimèrent jusquïci •· Le li 1re est daté « d11eliopolis », ou « la Cité du Soleil •, dans la dernière année des vieilles ténèbres (iï93). Il n'est point signé, mais Fichte annonce quïl ne tardera pas à se nommer. Donc, ce qu'il réclame, c'est le droiL illimité de l'esprit. Il évitera Loule parole ofTen5anle pour de, princes donL plusieurs, en Allemagne, ont su respecter la liberté de la pensée. Il évitera aussi Ioule vaine bravade. Mais il affirmera, en son itllégril6, le droiL humain, qui commence d'ailleurs à s'annoncer et qui s'6bauche. Il n·esl plus possilJled·arrêler le mouvement d'émancipation. • L'humanité a fait, en notre siècle, surlouL eu AllelllaGne, beaucoup de

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