Cl2 IIISl'OlllE SOGL\LISTE chrmin. JI rst rrai que le dessin gothique de rédince est encore visible presque partout, <'t 11111c,,, nouveaux lnltimcnls élevés à côté sont bien loin encore ,rNrc rl'lic's en 1111tout. ~lais enfin, ils sont là : ils commencent à être hahité,, rt les ,·icux châteaux de rapine tombent. Si on ne nous détruit pas, ils seront de plus en plus désertés par les hommes, abandonnés aux chouettes et aux chanrcs-souris. Les nouveaux bâtiments s'agrandiront et s'uniront en un tout plus régulier. Yoilà quels étaient nos dessein~, et cc sont ces espérances qu'on \'Oudrail nous dérober en supprimant la liberté de penser? Ce sont ces espérances que nous nous laisserions dérober? Si on arrête la marche de l'esprit humain, il n'y a que deux ca~ possibles. Le premier, el le plus innaisemlJlable est celui-ci: nous restons en elîet en place là où nous étions; nous renonçons à toute prélcnlion à diminuer notre misère el à élever notre bonheur; nous nous laissons marquer les limites que nous ne franchirons pas. _: Ou bien, dans une seconde hypothèse, bien plus vraisemblable, la force du mouvement de la nature, ainsi refoulée, éclate violemment et elle détruit tout ce qui est en travers de sa voie; l'humanité se venge cruellement de ses oppresseur;, cl des Révolutions deviennent nécessaires. On n'a pas fait encore la jusle application d'un terrible exemple de cet ordre que nous olîrirent les jours p:ésents. Je crains qu·n ne soit plus temps ou quïl soit à peine tem!)s de praliq•·er des passages dans les digues que follement, malgré Ja leçon des événements rerloutables, on a opposées au flot qui grandit. » Cc n'est pas, comme on voit, une spéculation philosophique à longue échéance. c·esl une menace directe de Révolution. Et que les dirigeants ne se laissent pas induire à une résistance insensée par les sophismes des complai-ants qui leur disent que le contrat de société implique, de la part des contractants, l'abandon de bien des droits, que notamment la pleine liberté de penser est it1compalible avec le co11lrat social. ~on, nul n'a pu stipuler, pour les hommes, la renonciation au droit de penser, c'est-à-dire à l'humanité elle-mème. C'ésl l'essence méme de la raison de ne pas connallre de limites: • La recherche infinie est un droit inaliénable de l'homme. Un contrat par lequel il accepterait u:rn limite ne sigoifierail que ceci : je veux élre un animal. Je ne veux aller que jusqu'à un certain point clans la vérité. Je ne veux donc être que jusqu'à un certain point un être raisonnable: au delà, je serai un animal dépourvu de raison ». El si le droit ùe penser est inaliénable, le droit de penser en co1mm111 l'est aus,i, car la recherche commune 1est pour l'homme la condition de la vérité. Malheur aux puissants, s'ils se résignent il violenter jusqu'en son fond la n·aturc humaine! )lalheur à eux, s'ils n'attendent que ruines el catastrophes de ce qui sera le salut! u El maintenant, pcrmellez-rnoi, ô princes, de me tourner de nouveau vers ,ous. Vous nous annoncez une inexprimable misère par retrel de la
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