()00 JIISTOIHE SOCIALISTI': force, co, pore lies cl spiriluellcs, chacun a besoin d'un droil égal, d'une liber lé égale. El ,eulc la différence m~me de ces forces doit déterminer entre elles des différences d'application. 0 loi, qui as le bonheur d'avoir reçu de la nature de grands dons de l'e,prit ou une grande robustesse corporelle, n'es-lu pas content de pouvoir déployer toute la mesure de la force? Comment peux-lu refuser à celui qui est plus faible que loi de tenter a,ec sa force moindre ce quïl peul faire ~ans nuire à autrui? « C'est là, mes concitoyens, le langage de la raison qui a élé si longtemps méconnu el étouffé. ~lais que nous puissions trnir tout haut ce langage clans cc pays où il n·ayail jamais retenti, tant que nos frères les meilleurs, nos frères non pril•ilégiés n"avaient pas chassé les privilégiés dégénérés et débiles, rebut de la race humaine, oui, que nous puissions parler ainsi, à qui le devons-nous, sinon aux Frauçais libres, égaux el braves? "C'est vrai, on a dès sa jeunesse inspii-é à l'Allemand de l'éloignc1,1ent pour son voisin français; c'est vrai, les mœurs, le langage, te tempérament des Français diffèrent des n<Jtres.C'est tTai enco,·e: lorsque les monstres tes plus cruels dominaient en F,·ance, notre A l/emagne ltait toute fumante de leu,.s crimes. Alors un Louvois, dont l'histoire garde te nom pour que les peuples puissent te maudù·e, faisait mrttre en fl-ammes le Palatinat, et Louis XI J·, un misé1·abledespotr, prètait son nom à cet ordre détesté. ")lais ne vous laissez pas égarer, mes concitoyens, par les événements du passé; la liberté des Français n"est vieille que de quatre ans, el voyez, déjà ils sont un peuple neuf, créé, pour ainsi dire, sur un modèle tout nouveau. Eux, les v,tinqueurs de nos tyrans, ils tombent en frères dans nos bras, ils nous protègent, ils nous donnent la preuve la plus touchante d'amour fraternel en partageant avec nous la liberté si chèrement achetée par eux, - el c'est la première année de la République! Voilà ce que produit la liberté dans le cœur de l'homme, c'est ainsi qu'elle sanctifie le temple habité par eik " Qu'étions-nous il y a trois semaines? Comment a pu se produire aussi vile le changement meneilleux qui a fait de nous, valels opprimés, maltraités el muets d'un prêtre, <lescitoyens courageux, libres et à la parole haute, de hardis amis de la liberté el de l'égalité, prèls à ,·ivre libres ou à mourir? ~les concitoyens, mes frères, la force qui a pu nous transformer ainsi peut bien fondre en un seul peuple les Mayençais et les Français! « Nos langues sont différentes, nos pensées doivent-elles t'être pour cela? « La LrnERTÉ et l'ÉGALITÉ cessent-elles d'être les joyaux de l'humanité si nous les appelons FREIUEIT et GLE1cnFJT"/ Depuisquand la différence des langues a-t-elle rendu impossible d'obéir à ta même loi? - Est-ce que la despotique souveraine de la Russie ne 1·ègnepas sur cent peuples de langue différente? Est-ce que le llongrois, le Bohémien, l'Autrichien, le Brabançon, le Milanaü ne parlent pas chacun leur langue, et en sont-ils moins les sujets du
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==