Jean Jaurès - La Convention I

li ISTOIRE SOCIALISTE mallres, el ils n·osaienl pas se lilrer sans réserve à la Ré1olution. De plus, si les esprits d'élite admiraient el aimaient la France, les préventions de races, lPs défiances à !"égard cles Français subsistaient dans une grande parlie du peuple. Forster se multipliait pour dissiper les craintes. pour élever Lons les esprils au-dessus des préjugés nationaux jusqu'à la vraie patrie, jusqu"à la liberté, el il n'y a pas de plus hel effort d'internationalisme que le discours prononcé par lui au clull de ~layence, à la ::-oeil-té dPs Amis du peuplr, le 15 no\'embre 1792. Il y justifie avec une véhémence cxlrême la politique d'incorporation à la France et à la Révolution. C'est, pour la pensée internationalisle du socialisme, un précédent démocratique et révolutionnaire d'une haute valeur. « Concitoyens, je Yeux d'abord Loucher en passant aux malentendus qui pourraient naitre cnlre nos frères français et nous d'une différence du car. ctère nalional, mais que l'on cherche à grossir perfidement au point <l'ytrouver une preuve de lïmpossibilité d'une union politique entre les deux nations. A cel égard, ces malentendu, doivent préoccuper une Société dont le bul est et doit resler de réali;;er précisément cette union. « Ç'a élé, jusqu"ici, une sulllile I olitique des princes de séparer soigneusement les peuples les uns d~s autres, de maintenir entre eux des différences de mœurs, de caractère, de lois, de pensée el de sentiment, de nourrir la haine, l'envie, !"esprit de moquerie et de mépris d'une nation envers une autre, et d"assurer 1iar là leur propre domination. J<:nvain la plus pure doctrine morale affirmait que Lousles hommes sont frères ... le cœur peryers cl endurci des gouvernants ne reconnaissait pas de frère. La sati;faclion de leur; passions basses ou âpres, leur moi superlle passait mant toul. Dominer Nait leur premier et dernier bonheur, et pour étendre leur domination, il n'y avail pas de meilleur moyen que d"aveugler, de tromper et, par suile, d'exploiter ceux qui se trouvaient sous leur joug. « Parmi les inveotiom innombrables par lesquelles ils savaient égarer leurs sujets, il faut compter l'adresse avec laquelle ils ont propagé la croyance à des dilîérences héréditaires entre les hommes. Ces ditîércnces, ils les ont artificiellement créées par la contrainte des lois, ils les ont fait prêcher partout par des apôtres stipen di(•s. Quelques hor.,mes, disait-on, sont nt's pour commander et gouverner, d'autres pour posséder des llénéflces el des emplois, la grande masse esl faite pour obéir. Le nègre, par la'couleur de sa peau et son nez écrasé, est prédestiné à être esclave du blanc. Et par d'autres blasphèmes encore la sainte raison humaine était outragée. • Mais ils ont disparu de nolre sol purifié, consacré maintenant à la liberté et à l'égalilé, ces monuments de la méchanceté de quelques-uns, de la faiblesse el de l'aveuglement du plu, grand nombre. lis ont élé jetés à la mer de l'oubli. Elre. libres, Nre égaux, c'était la devise des hommes riisonnables et moraux, c'est maintenant aussi la nôtre. Pour le plein usage de ses

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