48 IIISTOinE SOCIALISTE maintenant on peut dire c1ue la patrie est sauvée. Depuis plusicur,; jours, l'ennemi faisait des progrès et nous n'avions qu"tine crainte, c·est que les citoyens de Paris se montrassent, par un zèle mal entendu, plu, occupés à f.iire des motions et des pétitions qu'à repous,cr les ennemis eüérieurs. Aujourd.hui, ils ont connu les vrais dangers de la patrie, nous ne craignons plus rien. (Applaudissements.) Il parait que le plan de nos ennemi,; e,t de se porter sur Paris, en laissant derrière eux les places fortes et nos armées. Or cette , marche sera de leur part la plus insigne folie, el pour nous le projet le plus salutaire, si Paris eYécute les grands projets qu'il a conçus. • En effet, quand les hordes étrangères s"avanceront, nos armées qui ne sont pas assez fortes pour attaquer, le seront assez pour les suivre, les harceler, leur wuper les communications avec les armées extérieures. El si, à un point déterminé, nous leur présentons tout à coup un front redoutable, si la brave armée parisienne les prend en tête, lorsqu'elles seront cernées par les bataillons qui les auront suivies, c'est alors qu'elles seront dél'orées par celte terre qu·elles auront profanée de lrur marche sacrilège. ~lais, HU milieu rle ces flatteuses espérances, il est une réfle~ion qu'il ne faut pas se dissimuler. Nos ennemis ont un grand moyen sur leciuel ils comptenl beaucoup, c·est celui des terreurs paniques. lis sèment l'or; ils envoient de, émissaires pour exagérer les fliits, répandre au loin l'alarme et la consternalion, et, vou~ le savez, il est des hommes pétris d'un limon si fangru~, qu'ils se décomposent à l'idée du moindre danger. « Je voudrais qu'on pût signaler celte espèce à figure humaine el sans âme; en réunir tous les individ11s dans la mi\me ville, à Longwy, par e,rmple, qu'on appellerait la ville des lâches (appllludis,emrnl<Î, et là, de,enu l'opprobre de la nature, leur rassemblement délivrerait les bon, ci toi ens d'une peste bien funeste d'hommes qui sèment partout des iclres dr dérnurag(•ment, suspendent les élans du patriotisme, qui prennent de, nains ponr <lesgi•ants, la poussiè,e qui vole devant une compagnie de hulans pour de, hataillons armés, el désespèrent toujours du salut de la palrie. (NouvNw.c applaudissements.) Que Paris déploie donc aujourd'hui une grande ~nergic, qu'il résisle à ces terreurs paniques, et la victoire couronnera bien Lôtnos effort,. Hommes du 14 juillet et du 10 aoûl, c'est vous que j'invoque, oui, l"A,scmblée peut compter sur votre courage. « Cependant, pourquoi les retranchements du camp sous les remparts de cette cité ne sont-ils pas plus avuncés? Où sont les bêches, les pioches et tous les instruments qui ont élevé l'autel de la Fédération et nivelé le Champde-Mars? Vous avez manifesté une grande ardeur pour ces fêtes; sans doute vous n'en aurez pas moins pour les combats; vous avez chanté, célébré la liberté; il faut la défendre. Nous n'avons plus à renverser des rois de bronze, mais des rois environnés d'armées puisEantes. Je demande que la Commune de Paris concerte avec le pouvoir exécutilïes mesures qu'elle est dans l'inten-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==