Jean Jaurès - La Convention I

UISTOl!ll•: $(1Ci.\LIS'1'1': t,7 aux mains des révolutionnaires, accusé par CUA <1,• rompli<'ilé arec la cour, a-t-il un mouvement de pitié pour cet hommr jru11c qui arait essayé, apn's Yarenne, de sauver le roi rt la rdnc. qui s'était rompromis pour ru,, el r111i allait périr peul-Nre parce que les papiers lrouv&s aux Tuii<•riP~Mmonlrairnl ~es liaisons avec la cour? Non, Fcr,en foril le :?Haoùl il )1. de 8ill'crs1iarre: • Jhrnave et Ch. Lamelh sonl arrêli•;, et j',,,pè,-e qu'ils s,•ront e:récut, 1.,, pt•rwnuc ne l'aura plus mérité. • Ain,i la cruauté froide de, hommes poli~ ,'ajoutera1l, pour (,crascr toute , ie 1é, olulionnaire, à la fureur des brnl('S armi•c,. 0 Parb, lt'>ve-toidonc 1 0 HéYolution, <lérenrls-loi ! A la Commune l'r"tllalion patriotique e,l artmir;1ùle, el jr crois bien que c'est sans calcul el a, ec l'élan d'une foi sublin,e <Jli'elle,-c dresse la première pour organiser la défense. « Le procureur de la Commune, dit le procès-verbal de la séance du 2 septembre au malin, annonce qur lrs ennemis sont de,ant Verdun, qu'ils en fonl en cc mnmenl le siège et q11·ava11lhuit jours, crlle ville, la seule place forlr qui e,i,lc rnlrc Paris cl l'ennemi, sera ohligrr dr se rendre. li demande que rnr-le-clrnmp tous les citoyens se réunissent, campent cc soir au Cbarnp-de-)lars, el parlent demain le plus lôl possible sous les murs de Verdun, y périr en di'renrlanl la liherlé ou purger le sol français de la présence de ses ennemis. Celle proposition est adoptée à l'unanimité. » ~lai~comment ces froides paroles lraduiraienl-rlle, l'ardeur de comballre, el la puissance de lïnslinct vital qui, au cœur mt•me de la Ilévolution. protestait contre les menaces de de~truction? Les délégués de la Commune vont;) L\sscmhl{·e 1,;gi,Jalile el ils y donnent lecture de la proclamation adr,•ssée ]l'H' ellr /t P.tris: • Citoyens, l'ennemi esl au, portes de P.iri,: Verdun qui l'arrête ne penl tenir que huit jours. Les citoyens qui le déf,,ndrnt onl juré cle mourir plutôt que de se rendre; c'est vous dire qu'il Yons font un rempart de leurs rorp,. JI est de votre devoir de voler ù leur ~ecour,. Ciloy1•ns, marchez à l'instant mus ,os drapeaux; allons nous réunir au Champ-de-)1ar,; qu'une armée cle 00,000 hommes se forme à l'instant. Allons expirer sous les coups ùe l'en• ncmi, ou l'exterminer sous les nôtres. • Pas un mol de cette proclanrntion qui ne soit tourné contre l'ennemi, pa, un Lrait qui ne soit lancé ver, la frontière. Aucune allu,ion, m~me voilér, n·y est faite aux ennemis du dedans, aux conspirateurs et au, traitres; c'est la flamme toute vive, toute pure de la liberté et de la pairie. Vergniaud, comme pour alles ter qu'entre la Commune et la Gironde tout dissentiment s'effaçait devant le devoir commun, répondit au, délégués de Paris avec une éloquence magnillque et précise à la fois, el un nob le courage sans forfanterie. • C'est aujourd'hui, s'écria-t-il, que Pari. doit se montrer dans Ioule sa grandeur; je reconnais Mn courage à la démarche qu'il vient de faire, et

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