Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOlllE SOCIALISTI~ lion de prendre. Je demande aussi que L\ssemlili-r nation ile, qui, dan, ce momenl•ri est plutôt un grand comilomililairc qu·un Corp, législatif, Mvnie à l'instant et chaque jour douze commissaires au camp, non pnnr exhorter par de vains discours les citoyens à lra1·aillrr, mais pour piol'!JPr rux-rnf\m,.,. (Vifs applaur/is,ements): car il n·esl plus temps de discourir. li faut piocher la fosse de no, ennemis, ou cha~ue pas qu'ils font en annt pinche la nôtre. » L'acclamalinn univer;clle des lrihuncs ri•pondit il \',•rt:niaud. Il •emhlr, en celle malim1e du 2 septembre, trois jours aprè, l'arrN<'· fi,, dis,olt:lion c!c la Commune, que 1~danger de la patrie a r(•concilié la Commune el l'.\,scmlilée; c'est le g-rand orateur d,• la Giron<le qui salue Paris comme le cèntr,·, ccmme le res-orl de la résist:;ncc nationali•. Le plan de ùrfen,c qu'indique Vergniaurl avail•il ét(• pré\l1 par llt1m11uriez? Celui•ci Ya rnauœuvrer pour arn'ter la marche de l'ennemi, el il y ré11s• sira avec une dc,térité merveilleuse. ~lais rnns doute il avait prévu Ir ca, où les passages snaient forcés, où il ne pourrait arr<'ler lïnvasion. El al,ir, il n'y avait pas d'autre lactique que de s'effacer pour suivre en,uile les armees ennemies précipitant leur marche sur P;iris. Toul était prrclu si Paris lkchi,sail. Toul était ,auvé au contraire si Paris tenait bon el allait au-devant de l'ennemi, car celui•ci était pris entre les armées qui le suivaient et la capitale. Dumouriez sans doute avait esquissé ses vues générales de lactique devant ses amis. El Vergniaud, après la capitulation de Longwy, après l'inYeslissement de Verdun, ne croyant plus guère à la possihililé d'arrder d'emblée lïnrnsion, se ralliait à un plan de di'fcnse où Paris jouait le pre• micr rôle. Le grand rôle ré10lulit'nnaire de la capitale ,e douhlail donc, dans le plan de la Gironde. d'un grand rôle militaire. Comment donc, à ce mo• ment, entre Paris el la Gironde tout malentendu ne ,erail•il point effacé? Vergniaud, lorsquïl prote,lail contre l'esprit de panique, voulait-il seulement affermir la résistance it l'étranger·> Ou hien voulait-il prévenir les ter• ribles convulsions intérieures, les folies de rneurlre et de s.ng- que la peur· déchaine? Ah 1 quel orgueil pour la France rholutionnaire et <Juel lri()mphe pour l'humanité ,i l'ardente sérénité du grand orateur a,ait pu pénétrer tous les cœurs et tous les esprits! Quelle gloire pour la Ré1olution si elle a1ail pn s'élever non seulement au•dessus de l'ennemi, mais au-rle,sus des furN1r, intestines el des sinistres vengeances de la peur! La parole de l'orateur e:irondin retentissait encore dans les âmes en larges 1iùralion, quanti Danton monta à la tribune et, comme dit le journal de C:irra, parla « d'une rni\ for• midable "· Sa parole plus brève, plus pressante, plus puissante encore que celle de Vergniaud fut humaine aussi et sans mélange de pa,sions lronùle, : " Il est bien satisfaisant, Messieurs, pour les ministres d'un peuple lihr" d'avoir à lui annoncer que la patrie ,a être sat11ée. (,t1i1J/a11diss1•mr,1/s. Tout s"émeut, tout s'ébranle, tout lm'.lle de combattre. • Vous savez que Verdun n'est point encore au pouvoir de nos ennemis,

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