11ISTOI llE SOCI.\ LISTE salut. El l,icnlôl Klopstock lui-même commencera à ,·émouvoir de la« ti rannie jèlcohi11c,,. Dè, JW:!. il se plaint qu'après avoir l.Jrisé loutes les corporations la !\évolution ait lai,sé se consliluer la corpornlion des Jacobins, ce club qui esl « comme un srrpcnl ùont la gueule dérore Paris el dont les anneaux enserrenl la pro,·ince •· Lor,quc, par un décret de la Législative, Klopslock est naturalisé français, il ne refuse poinl cet honneur. li remercie au contraire aVP,C effusion par une lettre il Roland. )fais il marque ses réserves. li adjure le minislre de ne pas laisser· se reproduire les événements de septembre el d'arrêter la France dans la ,oie de l'anarchie. Pour IJien montrer guïl esl ho,lile à la polilique d'universelle propagande contre les roi,, il célèhre le roi de Danemark, ,on acliùn émancipatrice el ,age. El il termine sa letlre en disant guïl esl surloul heureux que ,on lilr-e de citoyen français fa,se de lui • le concitoyen de Washington », naturalisé au,,i. C'ét,1il rappeler la l\é1olr1Lion française à la politique modérée el à dl'Illi conservatrice des chefs du rnouvemenl national américain. Et bienlôl Klop~lock se détachera tout à fail de la Hél'olulion française. Vbiblement, ses sympathies, après être allées aux modérés comme le duc de La Rocheloucauld, s'élaienl 1-ortées el fixées sur les Girondins. Dès que ceux-ci sonl menacé,, dès que l'influence de l\obe,1iier'l'C s'affirme, Klopstock se relire. Il érnque, al'ec une !Jhraséologie sépulcrale qui e,l un peu fatigante, le fanlôme ,anglanl de la loi percée clïnnombral.Jles coups de poignards : el après a\'oir ain,i résumé la Ré1·0Iution en ce trbte ,pectre ùes jours noirs de sevtrmbre, il se désavoue lui-mè:ne en ii!l3. dans un po~me, qui e,t un aclede contrition : « .lion erreur ». « Longtemps je les amis suivis des yeux, non pas ceux qui parlaiu1t, mais ceu, qui agissaient. .. Je croyai,, ah! quelle illusion! que c'était la joyeuse aurore des rèl'es d'or. C'étail comme un enchantemenl, comme une joie de l'amour pour mon esprit altéré de liberté ... Lil.Jer lé, mère du salul, il me semhlail que tu ,erai,; la créatrice, que de la main di vine lu foçonnerais les hommes heureux élus par loi. l'i'aurais-tu plus la force créatrice? Ou bien sont-ils une malière rebelle à ta main? Leur cœur esl-il de roc et leur œil n'rsl-il plus que nuit? Ton cœur, ô liberté, est la loi : mais leur regard esl celui du fauton el leur cœur <'sl une laie ardente. Leur regard étincelle et leur cœur jelle du feu quand l'anarchie leur fail signe. C'est elle seule qu'ils co1111aissenl. Toi, ils ne le connaissent pins. El pourtant c'c,l ton nom, ô liberté, qui fail tout. ELquand le glaive frappe les meilleurs citoyens, c·esl ea ton nom qu'il s'abat sur em. » Ainsi finissait vile en sombre désillusion l'espérance première de Klops. loch. Mais n'est-ce point là la lassitude d'un poète vieilli, qui louchait à sa soixante-dixième année el qui, malgré l'effort un peu solennel àe sa pensée,
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