IIISTOlllE SOCIALISTE ne pou,ait plus dominer les itu.rcs,ions immédiates el s'élever à la ,i,,ion sereine de ra venir• Schilh,r, en pleine force I iril~ (il amil trente ans en 1i801 , avait marqué hien plus lot sa défiance et sa réserve. li avait arrêté soudain les élans rlu marquis de l'osa. Pas un moment il ne s'élail livré à la l\é,olulion. Défiance dïdéalisle c111ai peur que son rèvr lrop haul et trop beau ne soit déformé et abai,sé par les rails. Les hommes n~ lui parais,aient préparés nulle P"' t encore à celle làche, but ,uprèmc de lïwrnanilé, de transformer, comme il le dit, « ri::t-,t de contrainte en un Étal de raison •· Dè, lors, pourquoi s'attarder el s'attrister à regarder les efforts stériles el convulsif, d'une gén, 1ralinn pré~omptueusr qui veut réiliser la liberté au dehors avant rie ravoir réali,ée en elle-même? Plus d'une fois Schiller détourna ses yeux de la llê,olulion comme d'un spectacle bizarre el manqué, qui ensan!,lanterail la scène sans trouver un dénouernenl. Il lai~se sans réponse les queslious pres,;anles de son ami Kerner, Souabe de naissance comme lui, qui lui demande son ,enlimenl sur la llé,·olution. li essaie pourtant, en lï(U, par la lecture attenlive du Jlomtrl/r, de se former un jugement exacl. Les approches de la guerre lui font dire que ùé,ormais toul citoyen, tout Allemand, doit prendre parti. )lais il ne parvient pas à surmonter l'universelle r, pugnance que lui inspirent toutes les cla,ses en lullc : corruption el fri volilé en haut, instinct grossier et brulai en bas. Et il ajourne à lies siècles lointains ses espérances crtrnmanité : « Oui, écrit-il en lî9:l, s'il était vrai que la raison e,t clé,ormais la législatrice de la politique, que l'homme, au lieu d'être traité comme un n:oi en e,t respecté el traité comme une lin, que la loi est éle,ée sur le trône et que la vraie liberté est le fonclrment de l'édifice de l'Elal, si cet événement extraordinaire était accompli, je prendrais pour toujours congé des )luse,,N je consacrerais Loule mon acti,·ité au plus glorieux des Arl5, au gouvernement lie la seule raison. )lais c'est précisément le fait que j'ose mettre en doute. Oui, je suis ,i éloigné de croire au commencement d'une régénération en politique que les él'énements du temvs reculent bien plutôt toutes mes espérances de plusieurs siècles. « .\vanl que ces événements aient éclaté, on pou mil se flatter de la douce illu,ion que l'influence in,ensible el ininterrompue des li'les pensantes, que les germe, de ,érilé répandus ùepuis des siècles, el le trésor d'instruction accumulé avaient formé la sensibilité humaine à accueillir le meilleur, el a,aicnl préparé une époque où la philosophie pourrait assumer l'organisation morale du monde el où la lumière prél'audruit sur les ténèbres. On était allé si loin dans la culture théorique, quo les v,\néraliles piliers cle la superstition commen~aienl à vaciller et que le trône des préjugés dix fois séculaires était ébranlé. Hien ne paraissait plus manquer, que le signal d'une grande réforme, unissant les e,prils dans un commun e!îort. Or, le signal a été donné, el que ,·e,t-il produit?
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