Jean Jaurès - La Convention I

46 HISTOIRE SOC:IALISTE qui le demanderont, en se conformant aux lois antérieures au 10 du présent mois. - Les municipalités sont autorisées à désarmer tous les citoyens susp,•cts, et à distrihurr leurs armes à ceux qui se destineront à la défense de la lihcrté et de l'égalité. - Tout citoyen citez lequel il serait trouvé des ,,rmr•s cachée, dont il n'aurait pas fait la déclaration sera par le fait regardé comme suspect et ses armes confisquées. » I.e clérret rut e,éculé rapidement el l1ientôl à Paris les barri/>res s'o11nirent. Chose cmieuse, au moment où Paris se rouvrait ainsi à la France dans lïnlérôt du commerce et des échanges, au moment où l'Asse111lilée, eu restituant Paris à la vie nationale, semblait mettre un Lerme il la vie étroitement révolutionnaire de la Commune, cet événement si naturel, si e,plicahlc suggérait au Join aux amis de la famille royale les hypothèses les plus extravagantes. l•'ersen écrit au baron de Breteuil le 3 septembre:" Lesoµinions sur ce qui a d6lerminé à ouvrir les barrières de Paris elil laisser sortir san, passeport sont différentes; celle qui me parait la plus générale est que les scélérat, ont ,oult1 se ménager par là un moyen de se sau,er, et que nnu, le, vi,rro11s un beau Jour abandonner Paris ù l'anarchie la plus complèle. " Qul'lle singulière méprise I C'est pour pouvoir plus aisément fuir il l'approche cle l'étranger que les révolutionnaires parisiens font to111lH'rles ha1rières I Et c'est sur les conseils de Danton 1 Cependant l'ennemi investissait Vcr<lun. Choudieu annonçait à !'A-semblée que par deux lettres le commandant do la garnison, IJt>aurepairc, lui donnait l'assurance qu'il mourrait plulôl que de livrer la place. Mais l'Assemblée anxieuse se demandait si la ville, mal fortifiée, mal ctt,. fendue par une population Olt les éléments aristocratiques cl royalistes l'laie11t puisrnnts, ne capitulerait pas comme Longwy. Lei" septembre au soir, un courrier apporte la nouvelle à l'Assemblée que Verdun a reçu du <lue de Brunswick sommation de se rendre. La ville tient e11core; mais d'une part, la réponse faite par elle à cette ~ommation n'est pas dans le pli porté par le courrier, signe d'un rtésordre exlrôme el d'une crise imminente. D'autre parl, Je pli contient une proclamation du con,eil dél'ensif de Verdun qui menace tous ceux qui, dans la ville, « violeraient les propriétés •• el l'on <levine que le peuple soupçonneux, redoutant la trahison d'une partie do la l.,uuri;eoisie feuillantine et royaliste, s'est soulevé et surveille les maisons des riches habitants. Qui ne pressentirait une catastrophe prochaine? Or, Verdun pris avant que de Sedan Dumouriez nit pu envoyer rles renfort~, c'est la roule de Paris ouverte; pour la première lois, la Rt'\·olntion sent pour ain,i dire au visage l'haleine des che,aux prussiPns. Elcelle grandecomulsion nationale dont Danton avait parlé soulève la grande cil,'. Qu'elle ,e défende, car l'ennemi sera implacable. Comment épargnerait-il les patriotes, qtrnnd il s'apprête à frapper à mort les modérés, les ~'euillanls eux-mêmes? C'est toute la Révolution qu'il veut déraciner. Quand Fersen apprend que Barnave est

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