Jean Jaurès - La Convention I

IIISTO IRE SOCJ.\.LJS'l'E r,3u des deux pays afin de ré,erver à l'A.llenrngne une plus douce éYolution. • Dans Je;; choses, dil-il, qui olîrenl des lrails communs, le gros du peuple ,oil d'abord les ressemblances ~t ne prencl pas les différence:; r·n suffisanle consi dèration. Comme en Allem,1g-11acussi une grande partie de la Conslilution repose sur les principes du vie1" système féodal, cl esl, pour ainsi dire, bàlie de ses déhris, comme oous ayons aus,i uue nohlesse haule el basse dolée de grands pridlèges à l'e:-.clusiou de loul le rc,le de la nation, des é1èques el des abbés qui sonl en même temps des princes cl des sotwerains, comme nous po.sédons une foule clc riches bénéfices ecclésia,tiques sur lesquels la noblc,se des chevaliers s'eA allribuée une rnrle de droil cte naissance, comnw le, restes du vieux régime social el les dilcrses espèces d'esclavage, personnel el de servitude réelle qui enchalnenl les sujcls sur le domaine du seigneur foncier pè,enl çà el là lourdernent sur les épaules des as,ujetLL;, comme chez nous aussi, le manque de liberté pcr,onnclle cl de libre jouissance de la propriété, el l'énorme inégalité enlre une parlic relativcmenl pclile des citoyens el tous les aulres sonl très choqua11ls, rirn n'élail plus naturel que de pré-urner que des causes ~emblablcs produiraient chez nous des e[ets semblables. llien d'étonnanl donc à ce c1ue, à l'occasion de la RéYolulion française, la nation allemandeau,,i se soil partagée en parlis qui, grâce à Dieu, n·o11lpas troublé la lranquillilé pul.Jlique, mais qui al1lrmaienl Jeur,existence par des manil'eslations de toulc sorte .. \ peine en France le parti populaire eul-il la haute main qu'il se forma aus~i en Allemagne uu parti qui avait plus à e,pércr el un parli qui amit plus à craindre. " Mais ce paral!élisme va•l-il se coulinucr el se compléter par un soulèvement révolutionnaire de l'Allemagne? Deux choses, scion \\ïelaml, donnent encore aux gouvernanls le temps d'a,iser el aux hommes sages le droil d'espérer que le progrès néces,aire s'acconiplira sans violence. c·esl d'abord que l'esprit allemand a réfléchi. comme un large miroir, tous les événements de la Révoluliou cl que la conscience allemande a reçu l'impresûon des crimes et des hou tes de la Ré\'olulion française comme de sa grandeur el de sa gloire. « La tranquillilé inlérieure, dont nous avons joui jusqu'ici, sauf d'insignifiantes exceptions, dans notre pal,-Je allemande, l;)rnoigne du caraclèrc posé el de la saine raison humaine de la nation qui a reçu une jusle impression non se ulemenl des triomphes de la liberté el de l'égalilé, mais aussi de l'incommensura!Jle mi,ère de J'ana,·chie, de l'insécurité de la fortune el de la vie, de la t'urenr ùes factions, de la Vendée, et de la Ioule de crimes el d'inhumanités auxquels la llérnlulion a donné lieu en France el qui onl él6 la trop chère rançon de cbacune de ses ,•ictoires. " EL en second lieu, il y a entre l'ancienne Conslilulion toute de~polique de la France el la Conslilution de l'Allemagne, si imp.u faite soil-elle, des différences sensilJle,.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==