Jean Jaurès - La Convention I

fi!O IIJSTOIRE SOCIALISTE « Si l'Allemag11cse lro111ait e\aclemenl da11sles mêmes circom,tauccs que la France il y a quatre ans, si nous n·avions pas une Constitution dont 1,s hcurt•u, eflcts s11rpa,s,•11lde beaucoup les désavantages; si nous n'étions pa~ rccll,·rnenl e11 possession d"une grande partie de la liberté que no:; voisins cl,• l'E,t durent alors conquérir; si nous ne jouissions pas le 1ilus sou,enl ile gouvcrnc111enlsplus doux, plus respectueux des lois el plus allentifs au hien-èlre des sujets; si nous n'avions pas plus de secours contre l'oppres,ion qu,• n·en avaient les Français de celte époque; si nos impOls étaient aussi e,urbilanls; si nos finances ôtaient dans un étal aussi désespéré, el nos arislocrates aus,i intolérablemenL orgueilleux el privilégiés contre toute, les luis à la raton de ceux de France, il n'y a pas de doute que les exemples qui nous sont donnés par cc pays depuis quelques années auraient agi sur nous autremc11l; cl tandis quïl n'y a eu que des dispositions au soulèvement, les symptômes de la fii'Yre auraient éclaté el le peuple allemand serait depuis longtemps de spectateur devenu acteur. " El il se peul en elTel que le défaut de centralisation du pou\'oir politique en Allemagne ail do11néà la liberté quelques garanties. Mais encore une lois, que les dirigeants d'Allemagne ne s·endorment point, qu'ils ne rési.lenl point au progrès nécessaire. Yoici que les Fran~ais, par leur humanité comme JJar leur ,aillancc, sont en train de conquérir les cœurs allemands: • C'e,t le courage poussé jusqu'à l'héroïsme el uni à la grandeur d'âme el à rhumanilé qui dompte le plus puissamment les cœurs el qui excite le micu, l'admiration el l'amour. C'est une preuve de orande sar,esse citez les ghiéraux de l'année f1·a11c1tiscd'at·oir su amener leurs soldat, à obse,·ve:· dans les contdes voisines, où ils jouent maintenant aux mflîtres, WIP si bo1111et nue, de conqufrir pw· une conduite au-dessus de toute atteinte (au moins en Allemagne), l'estime et la sympathie des peuples auxquels ils pl'écltent leur 1\011velévangile. On .,e demandait, étonne, si c'étaient bien là les cannibales, les monstres, les bêLPsapocalyptiques dont 011 avait depuis quatre am rncont6 ta111de mi/ails. El ron se lrOU\ail forcé de croire que tout ce qu'on avait lu et entendu des horreurs des fameuses journées noires et de tant de démarches furieuses par lesquelles le peuple souverain avait e,ercé sa façon de justice, était sinon créé de toutes pièces par les aristocrates el leur, partisans, au moins Jémesurémenl grossi. » ( Ainsi, la pensée de l'Allemagne chancelait el ne savait au juste où se fixer. Celte ligne moyenne tracée pat· Wieland, avec ses inflexions el adaplalions prudente~. représente sans doute assez bien l'élal le plus général des esprits. L 'enlhousia,me premier de Klopstock ne résista pas aux violence~ de la Révolution. li avait d'abord salué en elle la liberlo el la paix. li lui semblait que par l'organisation légale de la liberté les coutlils el les guerres allaient dbparatlrc: guures à l'intérieur des peuple,; guerres de peuple à peuple.

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