HISTOIRE SOCL\LlSTE 537 vigueur, une nou,ellP surprise de la Hévolulio n vienl, pour ainsi rlirr, forcer sa confiam·r. Parmi lanl de pro1igrs qui dé concerlenl l'esprit, Wieland se fail peu à 1wu une sorle rie hardiesse rcsignée qui ne mdrque plus de limite au destin. Il accueille la H(•puhlique san5 élonne111cnl el sans effroi. La inwrrc eng,1gtle entre la France d'une part, L\ulrichP el la l'ru,,e de l'autre, n'a point 1>arud'abord l'émouvoir. Il dil bien (el non •an~ une part de rai-on) que si le~ souverains avaient eu le dessein arr Mé de di'lruirr la Hévolution, ils seraient intervenus dès le début. )lais il ne s'attarde pas à celle prn,éc, el il se lais~e porter par le flot grossissant des évé nements. )lais quoi? Voici les soldats de Custine. Yoici la Hrvolution fran~ai,c en armr, qui pénHre en Allemal:(ne. qui s'installe à Spire, à ~laycncc. il l'rnncl'orl m1'me. Ce n'est ni un cri d'effroi ni un cri de haine que pousrn \\ïelanll. Et il n'appelle pas non plus l'Allemagne à rntr er clans le mouvement ré1olulionnaire. Il se borne à a,erlir les puissants, en un lan,:tage prudent cl mesuré, que bien des idées sont peu à peu descend 11es an foncldu peuple, q11inaguère encore étaient inconnues de lui, el qu'il serait Sa!('rde se prépar,·r à de grands changements. On dirait vraiment que l oute l'Allemagne est pénNrée de lumières, mais qu'elle n'en est point remuée. li n·r a pas de souffle pui,,anl qui ébranle la forêt el Casse gronder les cMne s; mais une sorte de brui:s,ement universel et léger enrorr avrrtil que l'atmo•phrrr rnmmencc à ,-'émouvoir. Qui sail si le venl se lèvera? En janvier 1 703, Wieland prend pour rpigraphe la rameuse formule de la Rome antique a11xjours du suprême pPril: VideaJll consules ne quid ((etrimenti respublica capiat. (Que les conrnls \Cillent à ce que la République n'encoure aucun dommage). Et il constate une lente révolution des idées qui prépare la ré,·olu lion des pou,·oirs. • La culture el l'éducation de l'humanité, qui d,,puis trois siècles a fait tant de progrès dans le, plus importantes régio ns de l'Europe, s'cstt'levée par degré et a produit enfin insensiblemtnt un cha ngement presque complet de, idées et des sentiments : c'nt ttnP .,orle de révolution in/Pl/ectuellP et mo rnlc dont il sernit t'ain et impolitique dPtenter d'arrher pa r la fo,·ce lPsmite, ualtirelles. 1l faut au contraire diriger ce mouvement irrésistible avec sagesse et justice, de (acon que sans tlbranlement violent, et pour le plus grand bien de l'fwmani/,' toltl entière et des Etals particulirrs, le juste moment et la droite manière d'une transformation nécessaire soient s aisis par nous ... On ne saurait trop répéter, jusqu'à ce que celle t'érill ail été p rise à cœur : que maintenant l'lwmanité m E11ro7ie st majeure. Elle ne se laisse plus endormir arec des contes et des clta11s011Sde noul'l'ice; elle ne ,·espec leplm auc11npréjugé, •i autorisil soit-il par1me lo11g11etradition.Aucune parol e du ma.Urene vaut p/11•parCI' qu'elle est la parole du maîlre. Leslwmme.,, ceux desclassr.<i11fi'rieurescomme les autres, voie11ttrop clairement leur propre in térèl et ce qu"ils sunt en rfroil d'exiger, pour se lai.,ser plus longtemps detour ner uu apaiser par des furmules qui avaient auparavant 1me sorte de force mag ique et q11iont élé re-
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