536 HISTOIRE SOCIALIST~ El à Lous ceux qui lui o!Jjeclent qu·on ne peut écrire l'histoire de la Révolution • à la lueur de la lanterne », il répond qu'on ne saurait l'écrire non plus aux lueur, de fêle dont s'illumineraient les maisons aristocrates de Paris si Ja contre-rérnlution triomphait. Wieland paratl craindre bientôt que par les infatigables manœuvres de celle-ci, les premières conquèles de la liberté ne soient compromises, et il allesle que, si les nobles combattants de la Révolution et de la liberté doivent succomber, ce sera du moins glorieusement, et après avoir tenté la plus sublime et la plus nécessaire entreprise. Mais l'audace de la Constituante, abolissant la noblesse el frappant le clergé, lui révèle toute la force du mouvement révolutionnaire, et il reprend confiance. Chose curieme, el qui montre bien quo l'Allemagne, dont la bourgeoisie était moins puissante que celle de la France, ne démêlait pas bien les causes économiques de la Révolution, Wieland s'étonne el se scandalise que la Constituante ail garanti la delle d"f:tat. « Est-cc que la delle d"Élal qui a élé contractée sous les gouvernements antérieurs el sous le gouvernement actuel ju qu'à la révolution du 15 juin, est waiment une delle nationale, c'est-à-dire une delle pour laquelle toute la nation soit tenue? Maisla réponse va de soi. La nation, bien loin d'avoir le moindre pres~entiment de sa majesté d'aujourd'hui, n'avait, lorsque celle delle fut formée, aucune part à la puissance législative, el elle payait simplement des impôts qu'elle n'avait pas consentis. De plus, la plus grande partie de la delle provenait (comme les démocrates le disent bien haut), de l'excès de luxe, de dépenses et de désordre de la Cour, el la nation avait si peu gagné par là que, pendant que quelques centaines de familles s'enrichis saiCfll aux frais de la nation, des millions de ramilles descendaient dans la misère. Il est donc clair qu'une delle qui n'a été ni contractée par la nation, ni consentie par elle, ni employée à son profil, ne peut pas êlre une delle nationale. « El vous, tout puissants législateurs, vous auxquels la nation a confié la défense de tous ses droits, vous dont un peuple gravement malade el à toute extrémité attend (ce sont vos propres paroles) la guérison et le salut, vous ne craignez pas d"imposer à la nation déjà épuisée cet énorme fardeau? ... Parmi les vingt-cinq millions de citoyens et de citoyennes libres dont se compose la France, n·y en a-t-il pas au moins vingt-quatre millions auxquels il serait aussi juste de demander le paiement des dettes de !'Empereur de la lune que celui des dettes de la Cour de Prance? • Oui, mais à briser et ruiner la bourgeoisie créancière de l'tt.al, el à supprimer tout crédit public, la R6volution se perdait. Wieland en aurait eu le sentiment si une classe bourgeoise vraiment révol ulionnaire avait à ce moment affirmé sa force en Allemagne et dirigé l'opinion. C'est avec celle molle sympalhie, toujours un peu incertaine, prêcheuse el facilement effrayée, que Wieland suit le développe ment révolutionnaire. El chaque Coisqu'il fait des réserves ou éprouve un doute, un nouvel acte de
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