Jean Jaurès - La Convention I

:ilO lllSTOIHE SOCl.\LISTE cor.çoit J,,, plu; audacieux progrè,;: «Suis ta marche insensible, ô Providence i-lernrlle ! ~lai, ne me laisse point douter de loi à cause de cel insen•ible pro. g-rès! Xe rM lni•se pninl doulrr de toi, même si un moment ta marche parall rétroc:raclr' JI 11·r,t l"" vrai que la ligne la plus courte soit toujours la lig11r t!roi/1 . 1 n c·e,l dan, ùes courbes, des replis el des enveloppements sans fin que re,prll allemnntl ~c meut vrrs son but sublime, qui est l'assimilation de runilcr, par la pensée souveraine. liais comme celle géométrie des courbes est pou faw>1ahle à l'élan direct des Révolutions! Et comme il sera malai,é cl·étahlir des coïncidences entre le mouvement rectiligne de l'esprit révolutionnaire français el ce mouvement infléchi el replié de l'esprit ré1olulion• naire allemand! De même, dans ses dialogues sur la franc-m.içonnerie en 1778, Lessing formule unr idée admirable : celle de la future unité humaine par l'universelle tolérance el l'uni\•crselle paix. Il y a, dans la vie de l'humanité, des paradoxes douloureux. Les religions sonl faites pour lier, en clfel, les homn1es, c·esl-à-ài!e pour les unir. Or, en s·opposant les unes au, autres, en se proscrh·anl le~ unes les autres, en s'arrogeant chacune le monopole de la vérité, elles dC\iennent un principe de division el de haine. ~lais cela prendra fin quand le, hommes seront convaincus que Ioules les religions, que toutes les croyances sont également bonnes si seulement elles excitent au bien, à la concorde, à la bonté. De môme l'humanité est une masse énorme el qui ne peul èlre e;rgani~ée en un seul corps de nation. li faut donc qu'elle se constitue en Étals distincts; et la fonction de ces Élals est d'unir les hommes. )lais ,oici que ces États s'opposent les uns aux autres, se délient les uns des autres, cl deviennent eu, aussi un principe de désunion et de guerre. Quand l'Allemmul. l'.\n;;lais, le Prançais se rencontrent, ce ne sont pas seulement de., homme,, ayant el reconnaissant en eux-mêmes la pure humanité, qui se rencontrent en elfet. Xon, avant même d'avoir di$CUlé el éprouvé leurs intérêts, ib ,r défient les uns des autres. li y a en eux une particularité de nation qui fau,se l'universalit6 humaine. El la fonction des hauts el grands esprits de Ioule nation est de réldhlir sans cesse l'universalité humaine sans cesse menacée. Oui, c'est une vue admirable, le sublime internationalisme de la con,cicnce el de l'esprit. ~lais le commerce idéal des esprits ne peut suffire à arrêter ou mème à amortir le choc effroyable des passions et des haines de peuple Cl de race. Comment. par quelle organisation pratique, Le,sing espèr~- l-il assurer cette efficace et apaisante communication des e;;prils aux esprits? C'est, ,emble-l•il, à la franc-maçonnerie qu'il s'adresse; el il s'y élait affilié en dîd, dès 1771, à la LogP des Trois-lloses d'or de Hambourg. C'est même, chose curieuse, au duc Ferdinand de Brunswick, alors grand-matLre des loges allemandes, quïl dédie ses dialogues, au mème duc de Brunswick qui, plus tard, signera à reg rel le mémorable manifeste con Lrela France révolutionnaire.

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