IIISTO!nE; SOCIALISTE; la campagne el la langueur de, plantes dans la terre 1,rOlanle, et son nuage dé,altère les champs des paunc, gens, qui, à la lueur des éclairs de minuit, ,ous le ciel plein de tonnerre, regardent en tr!'mlllanl vers la montagne rl"ùù l'orage roule l'ers !'ux. Alor~, au matin, le pauvre Yoit l'eS(ll'ranee de ~a rérolle doubl,·<', tt il croise ses mains dev-ant le Seigneur de la terre, dont le nuage le faisait trembler. C'est l'imaqe drs pauvres (/Pm qui redoutaient leur ,eig,wtr ri l'image d'.lrner qui se hiltait t·crs Bonnal fJO!ff leur consolation et pow· lno- aide. » Or dans rassemblée de 'l'illage convoquée, selon la cuulume germanique, sur la place, sous les tilleuls, le bon seignenr a à vaincre l"égohte résistance des pay,ans ricl,e,. Mais i! a-rnil prise sur eux. li avait fait constater que dan, le~Mclaralions faites par eu1 au bailli sur la quantité ,le leurs foins et le nomLrc de leurs bestiaux, ils avaient fraudé. Ils avaient diminué la quanlitè de leur foin el exagéré le nombre de leurs bestiaux afin de ,e ménager é\'entuellcment, en cas de parla!(e, une plus large part du pâturage commun. Arner les brisa. Il destitua d'emblée les vingt préposés du \'illage qui étaient investis par le seigneur. C'étaient tous de riches paysans, ceux que Pestalozzi appelle avec une sorte de , iolence flémagogique • les ventrus•, et après amir humilié les Yentrus, le seigneur su:-cite les maigres. C'est parmi les µlus pauvres, c·esl rarmi ceux qui la veille mendiaient leur pain quïl choisit les préposés de village. Selon la coutume, au moment où les nou,·eau~ chefs de la communauté étaient choisis, tous les paysans devaient être décou\'erts. Seuls les chefs gardaient leur chapeau sur la tête. Mai~ voici que les chefs nouveaux investis par Amer, habitués à I romenrr leur tête nue el misérable sous la pluie el sous le soleil, n·avaient point de chapeau. Qu'à cela ne tienne! Ce sont les riches qui le fourniront, et le seigneur ordonne que le large et confortable chapeau des paysans .,•eotrus couvre la tête tles paysans misérable,. 1'oul à l'heure, quand les « ventrus » retourneront au logis, ils seront si humiliés qu'ils n'oseront même pas raconter à leurs femmes l"altront qu'ils ont rnbi, et ils jetteront au feu, au risque d'empuantir le vi!lage, le chapeau cossu qui, un moment, se sera souillé au contact de la misère sordide. Le seigneur ne procède pas seulement au partage, il ,ïnquiète de la paune nourriture des paysans, qui mangent surtout des pommes de terre, et il distribue des plants d'arbres fruitiers pris dans ses pépinières, el des chèvres de son troupeau pour que chaqne famille ait des fruits et du lait. Sur les conseils du pasteur, il organise une grande fêle le jour où ces arbres commen· cent à porter lenrs premiers fruits. !l,lais l'avènement du régime industriel pose au seigneur de nouveaux problèmes. La filature du colon s'installe dans le pays. Ce n'est pas encore un richecapita!isle ou un grand manufacturier qui dirige l'entreprise: le maitre de fabrique est lui-même un travailleur robuste, qui vil de la vie large el simple
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