502 ll!",'l'OlllE SOCIALISTE partager. JI ne se donna aucun r~p ); quïl n'en connût à fond toutes les par: lies. JI allait à traver< le~mares el les ravins. li trouva enfin au pied de 11montagne, dans une ùes p:u-tiesde vàturage les plus désolées, troi~ fortes sources, où croi,~aienl des plantes épais,c, cl vigoureuses. Il détermina lui-mOmc le nh,•,n1 de ces sources etil étudia lemoyen d'en distribuerparloul la richesse ... ,\in,i fait un père qui, dans son jardin, choisit pour ses enfants des plalesball(leSoù ils pourront cultiYer arbres et fleurs ... El il se réjouit pour son fils qui esl encore au berceau, cl pour tous ceux qui naitront de lui et il sent que ses enfants sont les enfant, de Dieu, el que le jardin n'est pas à lui, mais quïl est le père afin qu'il donne à ses fils ce qu'il a et les instruise à en user. Ain~i sentait ,\rner. Une larme coula sur son ~isage lorsque dans la fraicheur de l'air du soir, sous un grand chêne, près d"une chute d'eau mugissante, il sentit les devoirs el les joies du père sur le trône, el les de- ,oirs et les joies du père dans la plus humble cabane. Lentement, il chevaucha race au soleil qui se couchait; son œil rnyait le ciel el son cœur était avec le père des hommes. Thérèse (sa femm~) le reçut dans un bosquet devant la porte, el la soirée s'écoula en conver:alion sur l'état de prince el de noble. Le dernier mot d'Arner à Thérèse fut celui-ci : « La loi de Dieu sur les princes elles nobles, c'est que leur domaine n·est pas à eux, c'est quïls ne sont princes et nobles que pour donner au peuple, pour assurer et perfectionner en ses mains ce qu'ils peuvent donner, et pour lïnstruire à user de ce qu'ils lui donnent, à le transmettre aux enfants de leurs enfant,;. » Ainsi c·est par une large paternité sociale des puissants, reflet de lapaternité di\ ine, que PestJlozzi prétend relever la condition des hommes et adoucir la soull'rance du pauvre. Mais quoi? ne serait-il pas plus conforme à la dignité des hommes que le salut leur viol d'eux-mêmes? El encore, si les no!Jles et les princes ne comprennent pas ce devoir de paternité, s'ils dépouillent au contraire et oppriment ces c entants • que le ciel a remis en leurs mains, où sera la garantie de ceux-ci el leur recours? Mais pas un instant Pestalozzi ne se pose le problème, et c'est la marque la plus st1re de l"ab,,ence ou de la langueur de l'espril révolutionnaire en Allemagne que Je grand éducateur ail pu ainsi loucher à toutes les questions sociales et morales sans que jamiis l'idé't! même de la Révolution démocratique ait effleuré sa pensée. li exalle peu à peu le bon seigueur au-dessus des hommes comme un dieu à la fois bienfaisant et terrible. • Lorsqu'après de longs jours ardents la terre a soif et que toutes les plantes appellent l'eau, si soudain une nuée d'orage s'étend au ciel de Dieu, le pauvre paysan tremble de1ant le nuage qui monte au ciel, el il oublie la soir des champs et la langueur des plantes sur la terre brCllante, el il ne songe qu·aux coups de la foudre, aux ravages de la grêle, à !"éclair ioeen liaire et aus eau~ débordante,; mais celui qui habite dans le ciel n'oublie pas, la soif de
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