Jean Jaurès - La Convention I

li ISTOIRE SOCIALISTE ----------- ------------- ~- ~ Ba•edow el Campe. Il ri1 est· de f?ranrls rommr Pe51alozzi; mai, quoique la L<'!!i:-laliveail accordt' il Campe el à Pestalozzi un hrevet de citoyens français (Basedo\\ était mort}, quoiqne Campe se soit passionné pour la Rholution, quoic;uc Pestalozzi !"ait approuvée jnsqu·au !Joui. leur œune n'i'lail pas directement révolutionnaire. Campe manque tout à foil rie mes ~ocialc,. Son enlreprise pédagogique était de simplifier ri 1l't1lli'!!erle plus po-sible l'enseh:nement, de faire un peu plus appel à lïnitiathc cic, i'lhes rt de rendre la cfücipline plus libérale, mais surtout cl"abréger la durée des éluJcs pour que les jeunes gens pussent enlrer plus tôt dans la Yie. Il multi1 liait les exercices phy;iques, dépouillait !"enseignement des langues ancienne, de Ioule recherche d'érudition el de toute curiosité grammaticale, et fonrhit la n.ornle sur une sorte de religion neutre où lt•s 1li\erse, confessions chrétienne, se fonrlaient en un déimrn évangélique. Bddemmenl, l'ensei~nement a:nsi al!,,gè <'tait pins « moderne •. li risquail au,,i d",·•tre superficiel. Campe et llasedo" ùurenl défendre leur méthode contre des allaques répétées: « Que veulent, disaient-ils, les philanlropiniste,·? (c'esl le nom qu'ils donnaient à ce système d"éducation). Pourquoi allègent-ils la connaissance des langues et des sciences? Pour éviter le dégoùt des études, et par là l"habiluelle méthode scolaire qui perd l'esprit et le cœur; pow· diminuer les difficullé, si grandes de l'éducation morale; et enfin, pour que l'enfant, l'adolescent, le jeune homrne aient du temps pour vivre, du temps pour se préparer à la vie, et pour jouir joyeusemenl el utilement de la vie elle-même. Arne le système qui a élé appliqué jusqu'ici, les jeunes gens des classes cultivées n·out presque pas pu vivre, parce que jusqu'à vingt ou 1ingt-quatre ans toute leur force a été consumée dans des préparation:;, et encore dans des préparation, qui d'ailleurs, le plu, souvent, ne préparaient pa~ à une I ie heureu•e. Ilien rarement, comme rc,périence le montre, l'àrne d'un jeune homme, dont la raison el le cœur ont porlé jusque-là les lourdes chaines de la contrainte scolaire (inévitable dans les méthodes actuelles), cherche à s'élever ensuite à une pure pensée d'homme el à des senliments d'homme. Si nous pouYion, êlre fidèles à tout notre plan, la jeunesse qui grandirait en nos mains· ne mùrirait pas trop vite; mais, par l'application de méthodes perfectionnées, ell.e gagnerait pour elh•-même ,a moitié du temps employé jusqu'ici à l'étude de~ l~"c:ues et des sciences et elle pourrait se préparer réellement à la vie humaine el cil'ile. Il faudrait mt'me co11sacre1· à peu près autant d'heures par jour à drs /1"(11•a1m1xt'caniqucs et ticuno1,dq11es qu'au~ études proprement diles, et ces dernières, jusqu'à ce que les enfants aient alleint un certain age, ne denaient être qu'en forme de passe-temps pendant Je lra,ail des mains . ... « Notre but de faire de chacun de nos di,ciplcs plus qu·un Européen, plus qu'un Souabe, un Autrichien ou un Saxon, mais un homme, ne peut êlre traité de chimère que si on fait vraiment la p1cure qu'il ne peul ôlre

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