Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOIBE SOCIALISTE atteint. El qui rn risquera à le démontrer ? L'accusateur n'a pas même ébauché la preure ... Il change cette accusation en une autre lorsqu'il dit que Bascrlo11 l'l,'w ses disciples pour être seulement des hommes et non des cilo) ens du monde présent. « ... )lais cc ne sont pas seulement des hommes, ce sont des citoyens de noir<' mo11clcque nous voulons faire. S'il est vrai que nous nous appliquons à rendre la future I ie de nos enfants aussi innocente, aussi utile au bien commun et an,si heureuse que possible, il est vrai aussi que nous cherchons ü leur donner les idées les plus justes de la réalité présente, parce que l'un serait impossible sans l'autre; et s'ils reçoiventde nous des idées justes, ils comprennent que les !'Ociétés civiles sont faites pour le plus grand bien de l'espèce humaine. et que ces sociétés à leur tour supposent un ordre et àes règlements auxquels tout citoyen doit se soumettre au prix de quelque sacrifice. » Les grands esprits de l'Allemagne furent divisés sur la méthode éducative nouvelle de Campe el de Basedow, Klopstock parut l'approuver. Herder traita Basedow• d'Erostrate al'eugle » qui ruinait, pour faire du bruit autour de •on nom, Loule la force des éludes allemandes. George For;ter, un esprit hieu moderne pourtant el passionné pour la Révolution française, écrit violemment, en 1î90, à propos de Campe, qu'il • esl extraordinaire qu·avec de pareils éducateurs il reste encore des hommes en Allemagne •· Cesdissenlimenls s'expliquent. D'un côté, il y avait à coup sùr dans la méthode de Basedow el de Campe, dans leur appel à lïniliative, dans leur souci de la vie pratique, active el heureuse, un rP.flel de l'esprit d'émnncipalion el d'action du xvm• siècle. ~lais d'autre part, la grande Allemagne sentait dïnstincl qu'elle n'était pas prèle encore pour la vie eApédilive el pratique el que sa vraie force était maintenant dans la puissance de sa pensée qui allait parlout au fond des problèmes. Comment saisir l'univers par respril si on réduisait la science à un bagage pratique et la théologie à une sorte de tapisserie aux teintes neutres qui pouvait être accrochée aux murailles de tous les temples? C'est le germe des Realschulen de l'Allemagne moderne, des écoles à tendance positive et à objet pratique, que créaient Basedow et Campe. ~lais l'Allemagne moderne, industrielle. commerciale, qui a besoin dïnnombrables contremattres, ingénieurs, comptables, voyageurs de commerce au corps robuste, à l'esprit muni mais dispos, ou n'existait pas ou s·an - nonçail à peine. El le.faible rlusyslème de Campe el de Basedow, c·estqu·euxmêmes n'ont pas conscience d'une Allemagne nouvelle. Ils ne se donnent pas, ils ne se considèrent même pas comme les éducateurs d'une bourgeoisie plus moderne, préoccupée de problèmes économiques el de liberté politique; el leurs écoles semblent ouvrir en effet sur un monde vague et terne. Il leur manque d'avoir pensé qu'un ordre nouveau était en formation pour lequel il fallait des méthodes nouvelles d'éducation, qu'une classe bourgeoise nou- ,elle allait se pousser, qu'il fallait armer à la Mgère pour qu'elle pllt aller

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