JIIS'J'OIUE SOCIALISTE ,ouemenl ,ans exemple d'un souverain qui voulait tout voir et tout diriger) il y a eu tant de lois prématurées et rendues impuissantes par des changen1t·nts continueb, tant d'entreprises malheureuses et de pas rétrogrades, que la postérité ne saura pas si elle doit admirer davantage l'inépuisable et infali1:abli•génie du prince qui eut tant de grandes cl bonnes pensées, ou s'étonner du c:1price du mauvais génie qui travaillait avec tant d'acharnement et d'amertume contre tout ce à quoi il mettait la main ... Qui, ayant un cœur, pourrait rester indi!Térent à cette double pensée? Qui ne jettera pas ici un r!'gard de tristes~e sur le sort de l'humanité et sur la destinée des princes si étourdiment enviée? • Et après avoir retracé les hardies réformes qui au m6me moment s'accomplissaient en France, Wieland conclut: « Nous ne devons pas cacher que les législateurs français sont fort heureux d'avoir affaire à une nation qui a fait de si grands progrès en wlture et en instruction; qui, au lieu de mettre des obstacles aux réformes, va vers elle, avec enthousiasme et tient pour bien tout le bien qui peut être fait, pour mal tout le mal dont on la déline. ,, li l a longtemp,, disait le duc de la Rochefoucauld dans la ses,ion du « 13 l'éwier, que l'opinion pul.Jlique en France a décidé la question posée au- " jourd'hui, depuis longtemps rlle demande la suppression des ordres monas- " tiques cl des couvents. » ,. li ne s'agit poi1 t là des sentiments el des actions du parti aristocratique cl hiérarchique qui, par inlér6t privé ou par passion, ne perd aucune occasion de troubler le peuple autant qu'il le peut, de le jeter dans la défiance el l'agitation. ~lême le peuple le plus noble et le plus raisonnable reste peuple. ~lais le peuple français a déjà do.nné trop de preuves que même la classe la plus inculte re\'icnl au premier appel de la raison, pour que l'on ait rnjet de craindre que les efforts exaspérés de ces boute-feu réussissent. • Comme l'empereur Joseph avait affaire à d'autres hommes, et comme M's i:tats étaient loin d'êt,.e préparés à wte réformation universelle, et d'être (/.,,1,; éclaités pour recowwitre comme tels les birnfaits qu'il voulait leur di,pensr,·I Lui aussi avait nt la grande pensée l)llP l'Assemblée nationale /i·rmçafae rlafüe maintenant en son cntirr, birn avant que nul ne souprom1ât méme la possibilit,: de la révolution si rapidement accomplie en Fra1,ce.. 1/ais quel.\ osbtacles ilisumwntables s'élerèrent contre lui! Comme chaqur /HIS lui fut di.,1111/ée,t comme il devait êt,.e ltew·eux, même avec beaucoup de veine, de ,·éatiser unP petite partie de ce que les législateurs f,·ançais, dans des circoustances farorables, peuvent réaliser en 1111 coup, et s1ms ,·es/J'ictionl c·rsl une grande chose de savoir si la volonté qui est à la tille d'un État est, ou non, la volonté universPllc. » Ainsi l'impuissance constatée du despotisme éclairé à ouvrir des voies
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