Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOIHE SOCl,\I.JS'l'E 'i70 On -t'nl qm• pour Klopstock la patril' allemande eùt élé tompll'le ,i Ir génie hèroi<)llede Fr('d1'rir el le g(·uic 1lr, pen~eun el ùe, poi-L,•,,·(·tait·ul comme fondus en un patri111oi11commun; mais qui ne r<'C•;n,1ail,a la ,ouffrance m~mc de la pen,ée allemande mécunnur, liminril,Je allrail 11111• le Mros de la guer, e de $epl ans e,erce sur elle} El quand Frédéric e,t mort, Klop~tock laisse échapper son secrcl: les actions du roi (,laient pour lui le rnmn1el du sièclr, la plus haute mesure de Loule doin• .. \ rap1irtchc ùe, b:lab (itinéraux de France, il s'écrie:• La ,age a,semhl(P de Franrp est encore à l'ètatrri·pusculaire, Je, ~onffles du matin nous pénètreuljusqu·au cU'ur. Oh! viens, ~oieil nounau el qu ·on n'arnil même pas rhé! Je héni, 11furce , itale IJ\lim·a porté jusqu'ici Cl qui me permet, après me, ,oixante an,, de , iHe ce jour. P,1r11onnez-moi, ô Français .c'esl un noble nom fraternel, ct·a,oir si longtemps détourné le, Allemands de cc que je lem conseille aujourd'hui, de vous imiter. J'm•ai, rri, ju,q11ïci qu,. {f' p/11, IJ1'{111d at/P du .<iicle r·'i'loit lu lu/le de C llerc11/f' Fri'd,'ric .,,. d,:(,.11dm11111·cc '" 111a.,.,11f'ro1111'1: tou, {1·, ,1111u1·ai11s el toutes lPs ,011l'etai11es d,• l'E11,·opf'. Je ne pense plus ain,i. La France se couronne d'une gloire civique qui n'a poinl d'egale ! Elle brille d'un éclal plu, lll'au que le laurier, qui rayonne de l'éclat du ,ang. • L'Allemagne, au moment où elle venait de mettre sa complaisance et sa pensée en la vie héroïque du roi de Prusse, é1ail mal pr(·parée à su,cilcr en elle-même, par une action spontanée, un mounmcnlré,olutionnaire. Elle était troublée aussi par l'exemple de l'empereur Joseph Il, d'Autriche. C'est lui qui, lout Je long de son règne, et jusqu'à sa mort, en 1î00, prend l'inilialive de réformes ince,sanlcs et hardies. c·esl lui qui multiplie les écoles, limite la puissance de l'É;.:lise, saisit les biens des cou1·ents, encourage le commerce et l'industrie, proclame la tolérance religieuse. Par lui aussi, l'Allemagne 'habitue à attendre le salut et le proi:r~s de haut; mais en lui au,,i elle con,lale combien l'œusrc<le rél'ormeeslmalaisée. ~IJlgré sa Ioule-puissance impfriale, malgré sa ,•olonté inlle,ible, Joseph If se heurte sans cesse aux ré;i,tanccs du pa~sé; el les préjugés auxquels il ,eul faire violence se soulèvent contre lui. Les Pays-llas s'insurgenL pour garder la domination ùe leurs moine,; les multitudes fanatiques s'obstinent sous le joug de l'Égli:-e; P.l les paFans ne secondent pas !'Empereur qui abolit les conées. Ain-i de retror t impérial sembla il sortir pour l'Allemagne une double lc~on ùïmpuissance; d'aliorù parce que la politique de réforme élail une polili11ued'autorité, faite <lehaut, el ensuite parce que, au service des réformes, même celte autorité se brisait. Que faire donc? c·esl en une grande tris Lesse et un grand doute qut>se résout pour les contemporains la vie inquiète, agi~~ante cl im·ffkace ùc Ju-cph Il. Wieland a traduiL celle impression dans un écrit ùc mars iïOO: « Un gouYernemenl où presque chaque jour élail marqué par une nouvelle loi, par l'abolilion systématique d'un abus ou par le commencement d'une entreprise - m,1is où en mi;me temps (malgré une activité et uu dé

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==