Jean Jaurès - La Convention I

JIISTOIBE SOCIALISTE )lai-, mal::ré tout, à Oll'Stm, que Fl'é<lérir II déploie son effort, le pci-le ,'i·nH'nl. Il aurait rnulu 11nele f'rand roi héroï•1uc devint l'ami, le conseiller Ile la 1,oé-; • allemarulr. :.Jais non, il ne connaît, il n'aime que le, œu,res de la l'nnce. El pourtant la patrie allemande ne deman<le qu'à sourire el à ceux qni ,•n-,•nt cl à reu, qui agissent. De quel accent passionné el douloureux Klo1,to,·k s'adresse à elle : ,, '.'ion, je ne peu, plus me taire: mon ,1me est brûlante, elle veut s'élever a·,.. , )1 hardi. Oh! ,ois honne ponr moi, ma patrie, loi qu'une gloire cl<' milk ans couronne! Je L'aime, ma patrie! Ah! elle me répond d'un signe; oui, j"ai osé; ma main frémit sur les cordes. Sois indulgente el tendre, ôgrande m ·,r,.: un sourne passe dans ta couronne sacrée cl lu as la démarche des immortels ... J'ai entrevu les hauts rhemins, et, enOammé d'un désir toujours plu' ardent de gloire, je le, ai graYb: ils me conduisent jusqu'à la haule patrie commune de l'humanité la palrie rnr:iatu~elle de la .llessiade:. Et maintenant, c'e:sl toi, ô ma patrie allemande, que je veux chanter à Loimê·me; tu e, le sol où les pensées el les actions mùrissenl pour de hauts dc,tins. » El comme ils sont coupables, ceux qui refusent leur lime à la grnnrle A1lema.zne ! « Je suis une jeune fille allemande; mon œil est bleu, el dou, mon re!!ard; j"ai un cœur noble et fier et bon. El mon œil bleu s'irrite et mon cœur a dè la haine contre crux qui méconnaissent la patrie ... Je suis une jrune fille allemande cl nulle autre patrie ne m·aurait agréée si mon choix avait été• lrhre... Je suis une jeune fille allemande et mon haul regard n'a que mépri, pour ceux qui hésitent dans leur choix... ::-ion, tu n'es pas digne de la patrir si tu ne l'aimes pas comme moi!. .. Je suis une jeune fille allemande; n,on cœur noLle, IJon et fier bat au doux nom de. la patrie; et il ne battra qu'au nom du jeune homme qui comme moi esl fier de la patrie, qui e-t bon el nollle, un nai Allemand.» Ain,i chantait, en 1770, la muse de Klopstock; el ces allusions irritées sont à l'adresse du grand roi qui est à la fois pour l'Allemagne une gloire el une douleur. Quelques année, après, quand :Frédéric Il eut dit à Gellert la famcu:;e parole: Pourquoi les Allemands ne font-ils pas comme les Français des li1res qui m'obligent à les lire? • 0 toi, s'écrie Kfopstock, qui, d'un regard péuélranl, a~ vu le chemin de la victoire et de l'immortalité, mais qui l'égares peul-ètre foin du lml dans les chemins multiples de la \ÎC, ne vois-lu donc pas comment la pensée allemande a grandi vile, comme le tronc résistant s'appuie à la ferme racine el élcnd 1·orubre de ses rameaux! ... F,·édùic, oûét11it ton regard d'11iqle quand s'élernil la force de l'esprit, quanù jailli~saienl l'inspiration et la flamme, toutes chose, que les rois peuvent récompenser, mais qu'ils ne peuvent pas créer'! ... ~lais pourriez-\'ous écouter la chanson allemande, vous dont l'oreille e;t obsédée par les rimes françai;es? •

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==