Jean Jaurès - La Convention I

431 IIISTOIHE SOCIALISTE morale a,ec les meurtriers. Ainsi peu à peu s'élargissait autour d'elle le <lé,ert. Le, éleclions pour la municipalité de Paris, qui eurent lieu en ;décembre, furent Jl0Ur les Girondins un désastre. Il esl bien vrai que le maire Chambon n·c,L pa~ un )lonlagnard, et le journal de Brissol, qui n'avait plus le droil de se montrer diflicile, célèbre bruyamment ce succès. « Le ré,u!taL du ballottage entre Chambon N Lbuillier a donné7.5::,S voh au premier et 3.906 au dernier. (Comme on votait peu I comme le peuple s·empressait encore médiocrement à faire usage du droit de vole récemment conquis!) Voilà clone enfin le patriote Chambon maire de Paris, malgré les clameurs et les intrigues des anarchistes. Ce triomphe des vrais républicains, l'énorme majorité qui l'a assuré doivent prouver aux départements que le règne des factieux passe même à Paris, et que la réunion des gens de bien parYiendra à sauver celle ville et la république. Les anarchistes, tant fripons que dupes, ne sont que trois mille neuf cent six! Car on ne doit pa, ignorer quïls avaient mis toutes leurs forces en campagne; il n'y avait pas de séance au, Jacobins le jour des scrntins, et il faut dire, parce que c'est la vérité, parce que c'est une consolation pour les gens de bien, que sur ce nombre de volants celui de fripons est infiniment petit. « Uépublicaias de Paris, ne vous reposez pas après cet efîort momentané; oppo:;ez aux faux patriotes, aux royalistes déguisés une fermeté soutenue; c'est à ce prix qu'est la liberté. Vous avez encore d'importantes élections à faire. Le zèle d'un maire vertueux serait impuissant s'il n'était secondé par des collègues à la fois patriotes cl éclairés. Le premier choix que vous aurez à faire est cc!ui d'un procureur de la Commune. Celle place demande un homme qui joigne la fermeté aux lumières el à l'amour des lois. Xous croyons que fiéal répond à.cc caractère. • Oui, mais à cet appel du journal girondin, qui est du 2 décembre, les électeur, parisiens répondent dès le 9 en donnant la majorité relative à Chaumette Aaaxagoras: Chaumelle, le secrétaire de Danton à la section du ThéàlreFronçai~. le fougueux enthousiaste de la Commune révolutionnaire, « un des nigles de la Cornmune <lu2 septembre •• dit le Patriote français. Et il J'emporte décidément quelques jours après; le 22 décembre, Hébert, le Père Duchesne, est nommé substitut, et Chambon débordé, impuissant, sera réduit bientôt à se démellre. Pendant que le cré<liLde la Gironde baisse dans la Convention, pendant que Roland perd peu à peu Loule influence sur le ministère, Paris va résolument aux ennemis les plus vigoureux de la Gironde. Dans le peuple, les diatribes d'llébert contre Roland, tantôt gro~sières et bassement démagogiques, tantôt pénétrantes et aiguës, ont un succès croissant. Par ses diners politiques, que la presse populaire pouvait trop aisément transformer en orgies, par ses perpétuelles jérémiades, le ménage Roland prêtait de plus en plus à la mo 1uerie, à la satire insultante ou fine. Hébert

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