HISTOIRE SOCIALISTE 131 0 pauvres esprits aveuglés el se dupant eu.,-mêmes! Paunes politiques avertis par les premiers coups du deslio, qui peuvent eocore mettre ordre à leur;; affaires, mais qui, pour se persuader vaniteusement à eux-mêmes que Iear crédit est intact, vont droit à la faillite entière! Partout la puissance de la Gironde lléchi:,:;aiL Elle avait eu, avec Garat el avec Pache, avec le nouveau ministre de la justice el le nouveau ministre de la guerre, de graves mécomptes. Elle s'était imaginée qu'il:; seraient de:; hommes à elle, el ils se détournaient d'elle dès les premiers jours. c·est Pache qui avait remplacé Servan malade, à la guerre. li avait été le commis de Roland, et sa simplicité, sa modestie, ses habitudes de silence, de douceur et d'ordre avaient persuadé à Roland, observateur très SUiJerficiel,qu'il avait en Parhe un instrument commode. • Pache, écrit Mm• Roland, porte le masque de la plus grande modestie; elle est même telle, qu'on est porté d'adopter l'opinion qu'il parait avoir de lui el ne pas le prendre pour une grande valeur. :\lais on lui tient compte de celle modestie, quand on découvre qu'il raisonne avec justesse et qu'il n'est pas dénué de counai,sances ... Unhomme qui parle peu, qui écoule avec intelligence tout ce dont on peut traiter el se permet quelques observations bien placées, peul aisément passer pour habile. Pache s'était lié avec Meunier et l\Ionge, Lous deux de l'Académie.des sciences; ils avaient même fondé une société populaire dans la section du Luxembourg, dont l'objet, disaient-ils, était l'instruction et le civisme. Pache était fort assidu dans celte société; il semblait consacrer à la patrie comme citoyen tout le temps qu'il ne donnait point à ses enfànls, el qui séparail les leçons de cour., public auxquelles il les conduisait. li enlia au cabinet de Roland, mais en refusant toute espèce de titre ou d'appointements ..... Il arriva1l tous les matins à sept heures, avec son morceau de pain à la poche et demeurait jusqu'à trois heures sans qu'il fût possible de lui faire jamais rien accepter, attentif, prudent, zélé, remplis,anl bien sa destination, faisait une observation, plaçait un mot qui ramenait la question à son but, adoucissait Roland quelquefois irrité des contradictions aristocratiques de ses commis. C'est sur la recommandation de Roland qu'il succéda à Senan au ministère de la guerre; et tout de suite les Roland s'aperçoivent avec dépit qu'il n'est pas tout à eux, qu'il ne vient pas chercher chez eux le mol d'ordre, et qu'il s'entoure volontiers d'amis de Danton : • Nous imaginâmes d'abord qu'une sorte de crainte de paraitre la créature de Roland, et le mouvement de l'amour-propre étaient la cause de celte conduite. Mais j'appris que cet homme qui n'acceptait jamais les invitations de son collègue sous le prétexte de la retraite dans laquelle l'obligeait de vivre la multiplicité cle ses travaux, recevait ü sa table Fabre, Chabot et autres Moulagnards, s·enviroonail de leurs amis, plaçait leur, cr6atures, tous
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