HIS'rOrRE SOCIALISTE 4.23 Le journal de Prudhomme parle avec tant d'amertume de l'assemblée électorale de Paris, de Robespierre, de Danton el de Marat qui y dominèrent, qu'il est visible que la bonne feuille doctrinaire et ,entencieuse a eu des mécomptes électoraux. Elle se consolP en trouvant que tout est petit : • Une Convention en général mal choisie, surtout la députation de Paris, qui aurait dü être la meilleure; une Convention qui deuail ôtre un Allas, puisqu'elle a, pour ainsi dire, le globe enlier à replacer sur l'axe de la raison, et qui éprouve les petites passions de l'enfant débile et mutin. » Pour Danton, le bon journal a des mols féroces et perfides : « El Loi,Danton, tu le lais aussi, ou lu n'ouvres la bouche que pour désavouer lâchement ton aqent subalterne I " I~'lcommunauté des déceptions électorales, a Paris, devait donc rapprochrr les journalistes du journal de Prudhomme el les Girondins, el pourtant l'impres•ion produite par le discours de Louvel sur les démocrates fut si fâcheuse qu'il est obligé de le condamner. Carra, dans le compte rendu des Annales patriotiques, se dégage vhiblement de la Gironde, il n'est point aimable pour Louvet. « Louvel entreprend une longue dénonciation contre Robespierre, )larat, Danton, etc., mais c'est principalement Robespierre qu'il attaque el qu'il accuse comme chef d'un parti assassin et liberticide; il mèle à son récit des mouvements oratoires, il emploie tous les grands ressort<de l'éloqumce dans un sujet où peut-!tre il el1tfallu au contraire les écarter... En parlant de Marat, l'orateur emploie un de ces tours qui, pour être exagérés, manquent tout leur effet. li le qualifie d'abord, sans le nommer, d'homme unique dans les fastes du monde, d'enfant perdu de l'assassinat, puis, l'ayant nommé, il s'interrompt en s'écriant : • Dieux I j'ai prononcé son nom 1 • Ce mouvement pourra paraitre heureux à d'autres; nous ne le trouvons que froid el puéril. Nous n'appromons pas davantage cet autre: « 0 comble d'horreur! un mandat d'arrêt était déjà lancé contre le vertueux Roland! » Car quelque scéléral qu'on suppose Marat, son nom est encore le meilleur moyen de le désigner, de le signaler à ceux à qui on veut le faire connaitre, et quelque vertueux que wit Roland, le comble d'horreur n'est pas un mandat d'arrêt contre lui, lorsqu'on vient de parler de tant d'assassinats exécutés et projetés. • Ainsi anatomisée, l'éloquence de Louvel n'avait pas des lendemains triomphants. Le ton de Condorcet est d'une sévérité triste. li écrit lui-même et sous 11;1 signature, dans la Chronique de Paris du 31 octobre. C'est, sous une forme modérée et avec un accent de douleur contenue, un réquisitoire accablant contre Roland et la Gironde: • Le ministre de l'intérieur est venu présenter un mémoire sur la situation politique de Paris. Le goüt des préambules, si familier aux anciens ministres, y a paru un peu trop marqué pour ne pas laisser entrevoir d'avance
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