422 lllSl'OIIIE SOClALTS'rE Ce qu'il aurail fallu bien démontrer, c'e,L que Robespierre, par des actes précis, avait cherché à supprimer la volonté nationale, à subsLiluer une faction dicL•ttorialeau pouvoir légal de la ConV'nlion. Or, c'esl Robespierre qui a,ail demandé la réunion de la Convention. L'accusation de Lou- ,et s'effondrait. Il n'en restait rien de précis, mais un vague procès de tendance qui enveloppait, avec Robespierre, quelques autres, el logiquement le peuple de Paris, le peuple du Dix AotH. Non, la convention ne vouvai l rn risquer dans celte voie. La Gironde n'avait qu'une chance de l'entrainer; c'était de l'éblouir, de la fanatiser, et de la lier par-des responsabilités immédiates à de nouvelles el plus lourdes responsabilités. Puisque la Gironde n'arnil pas consenti à l'ajournement du ùébat demandé par Danton, il fallait que le soir même et aussitôt après le discours de Louvet, Robespierre fùL décrété d'accusalion el arrêté. En ajournant la conclusion après avoir refusé l'ajournement du débat, la Gironde trahissait à la fois ,;a faiblesse et sa jactance. Se borner à la mise en accu,ation de Marat pour un discours qui étail tourné tout enlier contre Robespierre, c'était découuir cc qu'il y avait de factice dans les colère, el les craintes étalées. ELc'élail laisser à la froide raison le temps de dissiper les prestiges de passion el de rhétorique du romancier Louvel. L'elfel ùe la séance fut mauvais pour la Convention el déplorable pour la Llirontle. Le journal les Révolutions de Pal'is, qui alfcclait l'imparlialilé, el qui d'ailleurs aimait peu llobe,pierre el Marat, sans doute parce qu'il n'avai l pu exercer sur les assemblées électorales de Paris une action suffisante, traauil assez bien le malaise de l'opinion. « Héh,sI nous en rougbsons pour nos de putes. Ils passent le Lemps à se dénoncer les uns les autres. Des ,éances prolongées ju,que dan~ la nuit se consument à entendre Louvet accu,er Robespierre; Robespierre dénoncer llrissol eLcompagnie, Barbaroux dénoncer ~larat; ~Iaral, ùrochanl sur le tout, dénoncer à lui seul tous les généraux, tou, les ministres, Lousses collègues à la Convention, à l'exception ùe Danton qni a l'ingratilude d'abandonner Maratau milieu de la mêlée; quelle pitié que tout cela 1... Louvel, si quelques ambitieux ont foil des tentatives criminelles pour changer le gou,erncrnenL, pubque la Convention eul le ùon es~riL etc passer à l'ordre du jour, pourquoi revenir à la charge? N'y a-t-il pas des juges et des licteurs? Si ~1araL,Danton et llobespierre oonl les triumvirs de cette dictature dont tu parle.,, Lu n'avais qu'une parole à leur adresser:« Sortez de cette enceinte d'où vos crimes YOus « r<'pous,enl, el suivez-moi devant un tribunal; je me porte votre accu,ateur, « , cm•1, ,·ou~défendre.• Tu nous aurais épargné le long historique des débats ,,e la société des Jacobins, le scandale d'une séance conventionnelle tout it fait 1mllc pour la JJviilique, et la ·confusion de RobPspicrre, réduit it rlemander huit jour, pour répondre. Huil jour, pour se justifier à l'incorruptible Robespierre 1•
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