Jean Jaurès - La Convention I

IIIS'l'OIRE SOCIALIS'l'li: 417 mures prolongés). El où sonl donc les hon:mcs qu'on accurn comme des conjuré,, comme des prélendanls à la diclalure ou au lriumviral? Qu'on les nomme! Maral? mais je vous l'ai dil. .. Oui, nous de,ons réunir nos elîorl, pour faire cesser r11gilalion de quelques re,,enlimenls el de quelques prévenlions personnelles, plutôt que de nous elîrayer par de vains el chimérique~ complots donl on serail Ilien embarrassé d'avoir à prouver rexislenc~. Je provoque donc une exµlication franche sur le:; cléfiances qui nous divisent; je demande que la discussion sur le mémoire du ministre soit ,ijournée à jour !he, parce que je désire que les !ails soienl approfonrlis, et qne la Convention nationale prenne de- me,ures contre ceux qui pourraient ôlre coupailles. c J"assure que c'est avec raison qu'on a réclamé contre l'en 1•oiaux départements de lellr,•s qui inculpent indirectement des membres de celle assemblée. Rolnntl aura il dû cm oyer celle lellrc où il csl question cle massacres au ministre de la ju,lice ou à raccusalcur puhlic pour la dénoncer aux tribunaux el là sans doute on aurait reconnu que Lous ces projets sini,tres sonl de vaines chimères (.1/urmures). Je le déclare nellemenl, parce qu'il e,l temps de le dire; tous ceux qui parlent de la faction Roliespierre sonl à mes yeux ou des hommes prévenus ou de mauvais citoyens (Applaudissements). • (;'esL contre des murmures croissauls el des 1·ésblances croi,saules que parlait Uanton. La Convention n'acccplail pas rajournemenL du débat. Elle avail cette hâle presque maladive 'fU0 0t!l les grandes assemblées d'aller jusqu·au fond des émolions; la lice élail ouverle, que les champions soienlap1 elés. Une impatience aussi d'en finir, de voir clair peul-être, élail chez les meilleurs. El la Gironde avail vu Robcs1,ierre troublé, ému; qui sait sic n n"allait pas le terrasser cc soir même'? Évidemment, entre les Roland, el 8,;rbaroux, ùruvel, Réliecqui, !"attaque était concertée. Louvel a un long ,1iscours loul préparo, et c'esl ce discours qu'annoncent le rapport ùe Roland el la lettre de police. Touchante collalJoration entre le ménage vertueux qui reprochait à Danton la liberté de sa vie, el le 10mancicr de Faublas, qui, avanl d"agencer de sombres histoires de complots, avail combiné des awnturPs d'ah Ove el de canapé à lasser les plus exigeants! Mm• Roland dans le, Portmits et Anecdotes qu'elle rédig,•a plus larll à Sainlc-Pélagi•?, en août 1703, a pour Louvet de grandes complaisances: • Louvet, que j'ai connu duranl le premier ministère de Roland, cl dont je rechercherai toujours l'agréable société, pourrait bien quelquefois, co111111e Philovœmen, payer l'inlérèl de sa mauvaise mine; petil, fluet. la vue ba,se et l'habit négligé, il ne paratl rien au vulgaire, qui ne remarque pas la nohle-.e de son Cronl el le feu dotll s'animen l ses yeux el son visage à l'exprc-siun d'une grande vérité, d'un heau sentiment, d'une saillie ingénieuse ou d'une One plaisanterie. Le$ gens de lellres et les personnes de gotll conuais,enl ses jolis romans où les grâces de l'imagination s·allient à la légèreté du slyle, au Londe la philosophie, au sel de la critique. La politique lui doit les ou-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==