Jean Jaurès - La Convention I

410 IIISTO!lll<: SOCIALISTE l'individu )laral (Applaudi.se111e11ls); je di~ avec franchise que j'ai fait l'expérience de son tl'mpér,1mcnt; non seulement il est volcanique el acariâtre, mais in,oci,1blc .. \prè, un Leiaveu, quïl me !'Oil permis de dire que moi aussi je suis ,ans parti cl sans faction. Si quelqu'un peul prouver que Je Lien~à une r,,ction, quïl me confonde à lïnstanl. .. Si, au contraire, il e,l Hai que ma 111•nséec,L à mui, que je sois fortement décidé à mourir plutôt que d'~lre la rau,c d'un déchirement et d'une tendance à un déchirement dans la Républi, 1u,•, je demande à énoncPr ma prnsée loul entière sur notre silua1ion politique actuelle (A1>plaudissnne11ls). • Sans doule il t>sl beau que la philanthropie, qu'un sentiment d'humanité ra~,e E:émir le ministre de l'intérieur cl Lous les bons citoyens sur les malheurs in-éparables d'une grande Ro•1'0l11lion;sans doute on a dn,il de récla111,·rLoule la rigueur dti la justice nationale conlre ceux qui auraient évidemment servi leurs passions particulière~ au lieu de serlir la l\évolu1ion et IJ lilierlé. )lais comment se fait-il qu·un mini,Lre qui ne peul pas ignorer les circonstances qui onl amené les événements dont il vous a entretenus, oulilic les principe; cl les vérités qu'un autre mini.lre vous a développés sur ces nièmes é,énemenl, 7 füq>pelez-vous ce que le ministre actuel de la justice vous a dit sur ces malheurs in,éparablcs des Révolutions (Murmures). • Je ne ferai point d"autre réponse au ministre de l'intérieur. Si chacun de nous, si loul républicain a le droit d'invoquer la justice contre ceux qui n'aurnit•nl excilé des mouv, ments ré\'Olutionnaires que pour a,souvir des ,engPances particulières. je dis qu'on ne peul pas Sl' dissimuler non plus que jam ,i- trône n'a été fracas,é sans que ses éclat, l.,lessasscnt quel,1ue~ bons cilo)'cns; qur jallJais révolution com,,lèle n'a Hé opérée san, que celle vasle démolition de l'ordre des choses existant n'ait élé funeste à quelqu'un, el qu'il ne faut donc pas impnl,•r ni à la ville de Paris ni à cell1•s qui auraient pu prèsenlrr le, mêmes dc,aslres, cc qui e,l 1eut Mre l'e!Tcl de quelques vengfü11ces parLiculières, dont je ne nie pas 1·e~isle111:e,mais ce qui e,t liicn plus 1robablemcnt la suite de celle com 110Lion1;énérale, lie ct'Llefièvre nationale qui a pro,1uil l,•s miracle; dont s"éto11n~rala 1>os1,•r1Lé." C'e,L d'une a,11plcur·e1 u'une ,érité a 1,nirahles. Quel irrépar,hle malheur qu'il u'ail pu convaincre el concilier! Il s'appliqur, ,ans hlesser llolaod, à éca,L!'r l~s sombres fantômes dont le 111inisLrcs"épouvante lui-n1é111e: • Je dis donc que le ministre a cédé à un oentimenl que je re,pacte; mais que son amour passionné pour l"ordre et la lui lui a fait voir sous la coulPur de l'e,prit de !action el de grands comµlols d"Élal (murm11rrs), cr qui n'e,t pcut-élre que la réunion de petites el ,nisérables intrigues dans leurs obj,·ls comme dans leurs Rloyens (Nouveaux murmures). Pé11élr,·z-vo11sile celle vérité qu'il ne peul exister de raclion tians une République(m11rm11rrs); il y a des pa,sions qui se c,,chenL; il y a des crimes particuliers, mais Il n'y a pas de ces complots vastes qui puisseul porter atteinte à la liberté (Mur-

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