Jean Jaurès - La Convention I

HISTOIRE SOCIALISTE 401 vique. El parce que quelques-uns réduits po,l6rieuremrnl à ~c monlrf'r p1trioles, auront fait quelques disposilions salutaires el pris quelques avantci'(rs sur l'ennemi, hors rl'èlal de se défendre, on criera au ruirdclc, on fera retentir les airs de leur, e,ploils, de leur loyauté, de leurs vertus civiques ... « Cc ne sont ni nos ministres, ni nos générau,, ce sont les événements, c'est la nature, c'est Je civisme des soldats de la patrie qui ont comballu pour elle. L'astuce perfide de Poni<1lowsky, l'insurrection des Polonais et la décrépitude de Catherine nous ont débarrassés des horde, féroces de la Russie. • Aukalslrom nous a débarrassés de Gustave el de ses Suédoi,. • La voracité, l'ivrognerie, le flux de sang nous a débarra,sés des Autrichiens N des Pru,siens. Voilà la cause première de nos triomphes. « li s'agit de cerner les Prussiens et les Autrichien~, de leur couper Loule retraite, el de les passer au fil de l'épée s'ils refusent de mellre has les arme,. Il s'agit aus;i de mellre la Belgique en 1ilcine insurrection. c·e,l là où j'attends Dumouriez, pour de\'cnir son apologiste. Déjà, la Sarnie, Genève, :-ieufchàtel cl les canton, suisses aristocrates vont secouer le jom;. La sainte épidémie de la liberté gagne partout de proche en proche : c'est elle qui nous délivrera bientôt de Lous nos ennemis, en renversant les trônes des despotes, en faisant disparaitre la servitude, en peuplant la terre d'hommes libres, en y faisant régner la juslice el la paix. » Il était inique de n'accorder aucune part, dans le succrs de la eampagne de l'Argonne, aux qualités personnelles de Dumouriez, à sa vivacité, à sa •ouplesse, à sa confiance. )lais le ton est sans âpreté, el même, à la fin, la défiance el l'amertume se fondent dans une sorte d'espérance universelle. )larat ,a jusqu'à louer Custine, non, il est vrai, sans dénigrer indirectement Dumouriez : • Jamais les applaudi;semPnts n'ont élé plus bruyants qu'après la lecture de la lettre de Custine; l'allégresse était fondée; ce sont là les premirrs avantages marqufs drs armes ftançaises sur nos ennemis. » (n° du 6.) Étrange parti pris qui met la prise de Spire au-dessus de Valmy! Et comm.e le « prophète » avait parfoi:; l'esprit médiocre et court! Mais ce n'e,t pas d'un furieux. A ce qu'il dit de l'armée du Rhin et de ses ~uccès il ne mèlc aucune goutte de fiel. Je doute pourt,111tque môme en « ces premiers rayons de la gloire» républicaine dont l'tlme d'un Yauvcnargues eùl été pénétrée, el qui éblouissaient l'âme inconstante de la Gironde, )hral ail éprouvé une cie ces minutes de joie pleine et profonde où la pau,·re humanil6 oublie Je poid, du destin. C'est le châtiment de ces esprits l'anileux et amers. Marat approm'e (n• du 10 octobre) les actes de rigueur par lesquels Custine a rétabli la discipline dans son armée el puni les soldats coupables de pillage. • Le général les a fait arrOler chargés de bu lin, les volontaires eux-mêmes les ont dénoncés, ils ont été fusillés sur-le-champ (le journal, par une de ces

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