Jean Jaurès - La Convention I

HISTOIRE SOCIAL!STE 387 le !Ot, a encore prévu le bon décrcl que la Co111cnlio11,·a rendre. Ccrle,, j'ai élé bien surpri:; d'entendre Fabre, à qui jr rroiais quel<JUCpalriolismP, employer, pour comballre ce décret, le, n11'111ersaiôonncments qu'employa l'étal-major parisien pour comballre le camp cl••1ingl millr homm,•,;. • Quoi quïl en soit, les ~larsc,illais arrivent : CP trJ1·ps e,t compo,é d'hmnmes entièrement ilulépenr/ants du ctJtéde la fortwu·; chaque homme a reçu de ses père et mère den, pistolets, un sabre, un rusil Pl n11as,ignal de mille livres. Ils viennent avec un corps de ca\'alrrie de deux cents hommes ai1ler leur, braves frères les Pari;iens à assurer le règne de l'égalité et de la fraternité. (Applaudissrments prolon9,1s.) » .-\.insi la majorité des Jacobins acclamait à ce moment la concrnlratio11 à Paris de, forces ré,·olulionnaires départementales; elle l'acclamail même qnand Barbarou( di,ail nettement que c'étaient des forces bourgeoisrs, des fil, de famille riches; et elle ne demandait qu'une chose, c'e,;t c1u,', comme Barbaroux le cfoail habilrment it la fin de son discours, ces patriotes venus de tous les points de la France ,ùusscnt pas d'hostilité sy:,témalique ronLre Paris. La Gironde n'aurait donc pas renrontrl' ,remblée aux Jacobins un courant d'opposition violente et dïnsu µportable défiance. )lais elle alla peu aux Jacobins. Elle prélérail les conciliabules mystérieux où se nouent le~ intrigues. Elle espérait que le \ide et le silence se feraient peu à peu autour .Je, Jacobins, que les députés ne s·y rendraient guère, les uns parce qu'ils étaient attachés à la politique girondine, les autres parce que les violences de ton et de langagr de certain, Jacobins, animés ùe l'esprit impérieux de la Commune, les dégoùteraien t. Iléal, président de la séance du 30 septembre, s'y plaint du peu d'assiduité de5 Conventio11nels. • Pourquoi le nombre des membres de la Convention nationale est-il si petit dans cette assemblée qui devrait les réunir tous? On parle d'une réunion de députés qui s'assemblent pour se concerter ailleurs que sous les yeux du peuple; je ne crains pas de le leur dire, ces rassemblements nuisent à la chose publique; car lorsqu'on veut véritablement le bien du peuple, qu'on ,;·en ùiLles amis, c'est sous ses yeu, que l'on concerte les moyens de lui ôlre utile. • Et BourdJ)n répondait:« Je snis bien loin d'approuver la réunion des députés ailleurs que dans cette enceinte; mais de quelque importance que je croie au salut public de les y voir très assidus, je dois dire à la société que beaucoup de deputés en ont été éloignés par le désordre qu'ils ont Yu régner dan, le, premières séances au,quelle, ils ont as,islé, désordre qui esl dù à l'esprit dominateur de certains sociétaires, bons patriotes, mais peu éclai1·és, qui \Culent que leur avis, el rien que leur avis, soit écouté ici, esprit dominateur qui est encore fortifié par quelques habitués des tribunes pa,'liculières surtout... Après cela j'espère que Lous mes collègues, sentant tous la nécessité

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