Jean Jaurès - La Convention I

381 lll~TOIIIE SOC:1.\LISTE Quoi ,'lu,r·> Cl' 11·,•slplu, qu'une que-lion tle l'orme'? Le peuple esl eicuhthle, nwis :-t•:--ma~i:-Ll\lb, parct 1 qu'il::, :--ont magistrats, soul coupable~? El qu aur;iil répondu \'e1gniau<I si ou lui a,ail dil que dan, les période, de calme h-, magi,-Lral, du peuple ,ont rn ('(fol Je, i;ardicns de la loi, mais que ,Jans les jours r,·Yt1lulionnaire, cl quand l~s magi-lrals eu,-mômes soul suscités par la Jkrnlution, il, ,w ,onl qur J'cxµre"ion s111,,~11wde la passion el del I forer du peuple·! Jn,undahles aulmes que nul ne pouvait comuler el qu'il ne fallait point ulllrir. Pars,,, ,,llaques in,en-é~:,, la Gironde aboutissait à ce singulier rt·sultal : )Jurai cl \'e1·gniaud semblaient d'acror,I ou pour glorifier ou tout au moins pour c,cuscr les mas-acre, de st•ptemhre. Non, il n'y avait qu'une politique : tirer un 1oile, scion re,pre,sion première de Roland répétée par \'crgniau,1, el ,e tourner l'cr, rawuir. Ma111l,lrè, habilement, aprè, a 1oir constaté par l'audace même de se.; paroles Iïmpuis,ancede laConvention à condamner le~ma,sacresde-eplembre, com1ni'nce à gfüser un dé~a,·eu p.,rticl. li sent, malgré tout, le poids de ces journées de meurtre, cl après les amir re, endiguées avec une sorte de bra- \ ade, il ,emhlt• les éloigner de lui. , Ce sont les scène~ sanglantes des 1\ juillet, G octobre, i0 aoùl, 2 septembre, qui ont sau,é la France .. :Quc n'ont-elles été dirigée,; par des mains habiles? • J'ai frémi moi-m~me des mounmenls impétueux el désordonnés du peuple Jo1·squeje les vis se prolonger, cl pour que ces mouvements ne lus- ,enl pas Hernellemenl vains, el qu'il ne se tro111àl pas dans la nécessité de t,,s recommencer, j'ili dcman,lé qu'il non1màl un bon ciloyen, sage, juste rl krmr, connu par son ardent amour de la liberté, pour diriger ses mouvement, el les faire servir au ,alul 1,uLtic. Sui ,·et mes écrits : c'est dans cette vue que j'ai dclliandé que te peuple se nommât un dictateur ou tribun mililaire. • Ainsi c'est pour modèrer les mas,acres qu'il demande un dicl~leur du meurtre, et comment la Gironde, qui n·osr pas, qui ne peut pas dé:'a,ouer les massacres de septembre, pourra-L-ellc flétrir la combinaison imaginée par ~larat pour les modérer? Il n'y avait I raimenl de solution que l'amuislie génér,1le et le silence. :\lais comme Marat, ,ou, prHexle que les mouvements populaire, se corrnmprnt par leur désordre el se perdent par leur anarchie, commemc ,ublilcment à llésavouer les journées de septembre! Un peu plus lard, comme je J'ai déjà noté, il accentuera le IJlàme et ne parlera plus que des 1lé- ,a,Lre1J\ événements de septembre. EL enfin il arrivera à se persuader à luimême que c'est la contl'C-révolulion qui a fait ces journées sinistres. Ou 1011t au moins il l'écrira ilang ,on numéro du 1, novembre : • Après q11'1111 9ra11d 11umbrr de co11trr-récolutio1111ai,-r,eurent prv>'O'Jllé t,• ma,,acre dts prison,, pou,· en<ri•elir dan la nuit llf'mellP. de l'o11l,li q11dq11es-11111 de leurs comJdice, q11i s'y tro11caimt r1•nfer111.:.,, lremlJJanls que ceux qui avaient trouvé moyen d'échapper au carnage ne Yins5enl à parler, ou que leurs propres ma-

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