Jean Jaurès - La Convention I

111S'l'OII\E SOCI.\LlS'l'E 383 non en levant sur moi le gl;ii\e de la tyrannie, qu'il, devaient en détruire la funeste influence. « Mes opinions. d'aill,•ur~, sur le triumvirat el le tribunat sont con,i,(nées dans des écrits Sif(né.sde moi, imprin,cs et colport,·s puhliquement depui, près de trois ans, et c'est aujourd'hui qu·on entreprend de les métamorphoser en crimes de lèse-nation. Pourquoi avoir tant attendu? • El il revendique la re,pon,abililé des journées de septembre: « Et puis, que me reprochez-vous? « Au milieu des machioalions, des trahisons dont l,1 patrie étnit sans ce,,e environnée, à la vue des complots atroces d'une Cour perfide, à la , ne de, menées secrètes des trallrrs renfermés clans le ,ein de l'Asscmblér con-- lituli, e. enfin à la \lie des suppôts du dc•spotisme qui siégeaient dan; l' . .\:r semlJlec législative, rne ferez-Yous un crime ,l'avoir propo,é le seul moie11 que je crusse propre i, nous retenir au borù de l'ahtme entrouvert? Lorsque les autorilés con,tituées ne ser,aienl plus qu'à enchainer lu liberté, qu·à é 0 orger les patriotes sous le uom de la loi. me fercz-You, un crime d'avoir pro,p1u6 sur la tête de, traitres la hache vcngere3se du peuple·? Non, si vous me lïmpuUez à crime, le peuple YOUS démentirait; car, obéis~anl à ma 1Oh, il a ,enli que lr moyen que je r,ropo,ai~ était 1-esrul pour ~auver la patrie; el, devenu dictateur lui-m~me, il a su se débarra,ser des lraltn•,. • Ainsi il assume les massacres de septembre, sûr que sa responsabilité se confondra dans celle du penple lui-mème. El là éclate l'e·üraorùiuaire étourderie de la Gironde. A quoi hon soule1<erde lei, débats et formuler de telles accusations quand on ne peul aller jusqu·au bout• Or la Gironde ne pouvait pa• aller jusqu'au bout. Elle ne pouvait pas nettement, directement, mettre en cause les eAéculions de septembre parce qu·elle craignait d ètre conduite par la chaine révolutionnaire des événements jusqu·au Dix-Août. Vergniaud lui-mème, quand il répond à ;\larat, quand il lit la terrible circulaire envoyée par le Comilé de salut public de la Commune, s·elîorce de distinguer les autorités qui n'auraient pas dù conseiller le massacre, et le peuple qu·ou ne ,aurait accuser poar ravoir accompli . • QudP peuple, dil-il, lassl' d'une suite drlrahisons, se soit enfin lrv,:, quïl ait tiré de ses ennemis connus une vengeance éclatante, je ne vois là qu'un, ~,:,istance à l'oppression. Et s'il se livre à qurlques excès qui outrepa,sent trs bomes de la justice, jr n'!! i;ois que le crime de ceux qui les ont provoqués par leurs ll·ahisons. " Mais que des hommes revêtus d'un pouvoir public, qui, par la nature même des fonctions qu'ils ont acce1Jlées, se sont chargés de parler au peuple le langage de la loi el de le conlen!r dans les bornes de la jastice par tout rascendant ùe la raisoa; que ces hommes prêchent le meurtre. qu'ils en fassent l'apologie, il me semble que c'est là un degré de perversité qui ne saurait 1e cooe-evoir. •

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