370 IIISTOJI\E SOCI.\ LISTE Pour ne pa, lai"rr le IPlllJ)S :\ la ConvPnlion du s'apercevoir qu'elle était jouée, c·e,t de parti pri~ et <IHns l'inl~rèt d'une faclion que toutr, les rouleur, a,aienl été• pousst•t•, au noir, que R,,land N ses ami, l'èlourdbsènl, ùè, lc, pr1•11Jier,jour:;, de propositions l'iolcnles. On vienl ,te ,·oir le rapport de l\olan1I. pll'in dïn-inualions cl ,•ide de l;1ils.A ce rapport mi-érahle, la Gironde lilil èl'ho dans la Convenlion par un mol terrible: l'éc·haraurl. c,, serail à p ine ,-roiahle ,i le, procès-l'erliau, n'étaient va; là. A peine la lettre de ltuland P;l-t•llc lue qu,· K1•r,ainl monte à la lribune : « Il esl temps, en effet, d'appeler l'allention de la Co111enlion nationale sur les e,cès, sur le, violence,, sur les liriga11rla1,es,ùont les départements se plaignent chaque jour. Il PSI temp., d'élecer des é!lwfauds pour ceux qui commellent des as~a,sinats 1•1 pow· ceu.r qui les prol'oq11e11t . . On agile Je peuple; on le pousse dans ranarrhic; ,·'tst ,,. 1!1•1·11iPr ,·oup rie no, ennemi,.• \ïsiblement, le coup a été préparé cotre la Gironde el les llolanù. lluzol intervint : il portail à la trihuue le, mesquineries pédantesques de Roland el les rancunes l'éh1·mentes de ,a femme. L11i-même était ai~ri el meurtri. A la fin de la Consliluante, il avait rail partie de l'opposilion d'extrême gauche avec Robespierre. llenlré dans J'ohs,·urilé ét dans le néant de s11province, il aYait soulfcrl silencieusement, orgueilleusement. Il avait coutracté une ,orle de hiline incon~rienl<' contre reu~ de ses com1wg11onsrie lutte donl le nom, comme celui de Rob~spierre, avait continué à i;randir; romantiqur, bilieux el faible, il a,ail pris pour les rélOILes de -a fierté les souffrance5 obscure5 de sa ,anité. Celte obsession maladive ùe soi érlalc dans ~es hl(•111oires.)lédiocre discipl~ de Jean-Jacques, il en a retenu une di,pu,ilion dangereuse à s·e,a!Ler dan, !a solitude, à se nourrir amèrement de sa pror,re vertu. • :-iéavec un caractère dïndépendauce cl de fierté qui ue plia jam ,is sous le commandement de per;onne, comment pourrais-je supporter J'iùée d'un mallre héréditaire el d'un homme in, iolaule ·1La tête et le cœur remplis de mon histoire grecque el romaine, et de, grands personnages qui dans ces anciennes républiques honorèrent le plu, l'espèce humaine, je professai dès mon plus jeune âge leur, maximes; je me nourris de J'élude de Jeurs ,crtus. lia jeunesse rut presque sauvage; mes passions concentrées dans un cœur ardent el sensible, furent Yiolenles, extrtlmes, mais bornée, à un ,eu! objet, elles étaient toutes à lui. Jamais le libertinage ne flélril mon i'.\mede son ,oufllc impur ... Avec quel charme je me rappelle encore celle époque heureuse de ma lie qui ne peul vlus revenir où, le jour, je parcourais ;ilencieu• semcnl les montagnes el les liois de la ville qui m'a vu nallre, lisant a,ec délices quelque ouvr;1ge de Plutarque ou de Rousseau ... Quelquefois, as,i, sur J'herbe fleurie, à J'ombre de quelques arbre, touffus, je me livrais dan, une douce mélancolie au, souvenirs des peines el des plaisirs qui avaienl lour à tour agité les premiers jours de ma vie. »
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