HISTOIRE SOCIALISTE 337 terre. Mais si par tous ces traits le socialisme lyonnais de 1700 est imprégné d'utopie, il est imprégné aussi rle démocralie. C'est au nom des Droits de l'homme que L'Ange affirme à la fois le droit des travailleurs à la vie publique et leur clroit souverain à la propriété. Et s'il compte sur le concours du roi pour réaliser la Révolution sociale, s'il conçoit celle-ci comme un compromis entre la nation et le roi analogue au compromis constitutionnel ~lahoré par la Constituante, il o!îre aussi au roi, pour l'exécution du plan général d'expropriation, la rorce du 1>euple.Le socialisme n'est mêlé d'utopie en 1790 que parce que la démocratie n·est pas pleinement développée; et plus Lard, avec Fourier. il ne prendra un caractère LOI DU ~4 1 Sé. 6 n\f' \L'AN l"D•L TOalU •H~ rl6 7 Q • l\lil'UBLIQUP. A:,SIONAT DB DIX SOUS. (D'après un documen\ de la Bibliothéque Nationalo.) réellement utopique que parce que la démocratie aura été refoulée. Il n'aurait pas été réduit à compter sur la générosité des classes privilégiées et sur l'initiative des grands de la terre si un régime d'entière démocratie avait donné au peuple producteur la force d'espérer, de vouloir et d'agir. Mais voici que la royauté traitresse est démasquée el chancelle. Voici que dans l'été de 1792 les symptômes d'une prochaine Révolution républicaine commencent à apparaitre, et qu'en même temps le déséquilibre économique, la crise du pain et des subsistances, posent d'une manière pressante le problème social. Du coup, L'Ange, que la démocratie lyonnaise a porté, dans l'inter,valle, à la municipalité, formule à nouveau ses vues de réorganisation sociale. Mais cette fois, en juin 1792, ce n'est plus au roi quïl s'adresse, c'est à la municipalité de Lyon, et, par elle, à l'Assemblée nationale, ou mieux, c'est à la démocratie tout entière, c'est au peuple tout entier. Il insiste et répona aux
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==