Jean Jaurès - La Convention I

336 li ISTOIR E SOC! ALISTE fi>ron!lité du sol s'arrNe. Au contraire, les prolétaires exercent el doi"ent ewn·er une occupation permanente : premier litre de propriété. Eo outre, ,i l'on conçoit la disparition possible des propriétaires fainéants, l'exislence d,•s travnilleurs esl nécessaire. Elle doil donc Mre nécessairement P.ntrelenue par les produits du sol, et les propriétàires ne peuvent commencer à percemir le produit net que quand l'rxislence des travailleurs e,l assurée. Ceux-ci 0,;t donc au moins déjà la copropriêlé de la terre et même, dans celte copropriété, la primauté. El Pnfin, comme cc droit de copropriété ils sonl les seuls a le faire ,aloir, comme seuls ils !lonnenl fécondité el valeur à Loule propriété, comme « ils créent seuls le revenu », leur droit de co~ropriélé devient u11 clroil de propriété exclusive, et le prélèvemrnl que fait Je pseudo-propriiltaire e,l • un brigandagP •· La propriètê oisive, c'est le vol. El ce brigandage fiétril la royauté elle-môme; car lorsque le roi accepte ries propriétaires fainéants, c'esl-à-dire des brigands, les sommes nécessaires à son entretien, à l'entretien de ses armées et de sa Justice, il accepte en réalité une part du produit du vol. Que celle complicité de la royauté avec les brigands prenne fia, pour l'honneur de la royauté el pour le bien du peuple. Seuls, les travailleurs qui créenl la riche~se ont le droit d'en donner une part, el voici l'ofTrequ'au nom des prolétaires L'Ange fait au roi. Tous les fainéants seront expropriés du produit nel de la lerre, de ce que L'Ange appelle « l'abondance "• el ce produil· net sera partagé par moilié enlre le peuple producteur el le roi. Au roi, il permettra ct·a,surer les grands sen•ices publics; au peuple, il permettra d'assurer l'éducation des générations nouvelles. • Rejele=donc, Sire, les vingt-cinq millions de volrP liste civile, la solde de vos ar,nées, le r;age de voire justice qur vous offrent leurs mains imp11rPset dair;ne:. vous rmdre disprn.~ateur équitable de toute la moitie de fabondance, ne nous 1·éserva111l'aulrP moiti/. que pour élever nos enfants, de manière qu'il ne soil plu, dit que uous ~ommes un peuple sans éducation. Sire, il esl digne, il esl du devoir lie Votre M ,jeslé d'accepter cette proposition équitable el Juste que nous avons évidemment le droil de faire et la forer de soulPnir. » C'est l'expropriation révolutionnaire de Loule la propriété foncière, ecclésiastique, noble et bourgeoise, opérée de compte à demi par les prolétaires el par la royauté_ C'esl le socialisme de 1790, socialisme mêlé d'utopie el de démocratie. JI esl utopique par l'allente du héros philanthrope el du sauveur; il esl utopique par l'appel au roi. li est vague en ce qui concerne l'industrie; car si L'Angc, arli~an lui-même el vivant parmi les artisans et manœuvres innombrable~ de la ville de Lyon, nr peul oublier le problème lndu~triel, s'il p1rle de l'industrie en général, il semble pourtant que le partage de • l'abondance• ne s'applique avec précision qu'au produit net de la

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