Jean Jaurès - La Convention I

HISTOl!\E SOCIALISTE 335 Ah! si les jn1nes, si lr, privation< do1111r,irntle cb-oil dr cilO!Jfn, q11i,pl11.<q11r nous, pourrait y prétrndre:> .Ifni, fimµ,it 11'nrl"mtlrr base que l'imlt,,trie r11 ginél'al, el prrsom1c 11ele JJa!lequ'en le butinant sur 11011s,arli.<tes, artisan, rt manœuvres. Voyez, Sire, le produit 11eld'unP terri', premier ré~ullal de nolrp iaduslrie et de nos peine,; quand l'a,lmini,tration ) lhe un impôt direct, que fait-elle? Elle Pntre avrr le~ vendeurs en parlagr rie la vente. Elle•partage avec eu~ la r,,nçon de 110she~nin,;, el, romme si les afT,•rnu'ur, et les Yt•ndeurs ne sufOsaient pas à nous rançonner, on leur ajoute cl'impitoyahles aides: el ces moMlres nais,enl, respirent parmi nous, pour IPver dirt•rtement ries impôts indirects sur noire con,ommalion forc!'e dPs rlto,Ps qui n'exi,tn,t, qui ne <0111utiles, qui 11'0111dr Mlrur que par Ir travail de no, mains. • Ain,i, c·e,L le travail des s:ins-propriélé qui crée toutes les valeurs et tout le produit net de la terre. Ce produit net, les lravaillrurs l'ahündonnenl aux propriétaires oisifs: r'est • la rançon dP leurs besoins•, c·esl-à-dire le pri\ qu'ils sont obligés de payer aux po-st•rlanls pour tromer l'c111ploide leur, hra, N l1•s moyens de vivre. Et lorsque l'adrninislralion de l'imp<il prélève sur le propri(•- laire une part de ce produit net, en réalité elle ne charge pas le propriétaire qui, n'ayant rien produit, n'a droit à rien. Elle s'associe simplement au partage drs dépouilles prélevées par la violence sur le travail: elle prend une part du butin propriétaire. El voici maintenant que lïm1,0L indirect, en aggravant le prix des produits crl•és par le travailleur el qu'il est obligé de racheter, t>nlame encore ce que le propriétaire avait lai.•é aux salarié,. Tout e,t donc pris ;,ur le travail, l'im110l co111mela rente de la Lerrr, et lï111p()tdir,•ct comme l'impôt indirect. Ainsi, si ceux qui payent l'impôt dPvaienl avoir seuls le droit poliLiqur, les traYaillenr; seuls deHaienl Nre des citoyens actifs. • ~:nfin la Mrilé qui nous éclaire perce le voile ridicule des propriétés clonl ~·e111eloppenl no, ennemi:, avec l'impudent orgueil rie I oisiveté, L'or donl ils se larguent n'est utile l't salutaire qu',•nlre nos mains laborit•u,e,; il de,•irnt virulent quand il s'accumule dans les coffres des capitalistes, q11isont au, corps politiques ce quelrsulcères,ontau, corps physique•. Partout, Sire, où VntrP Jfoje<IP po,·tera sri re'.}a,·d.<,elle ,w verra la terri' oeruf!1'e q11Ppar 1w11<;c'Psl 11011.<qui traraillm,<, qui <ommPsle< premia< po,<P<<eur,, {Ps premiers Pl r/(,miers occ11pant, effectif,. LPs f'AINÉA\TS QUI SE lllSE~T PROPRIÉ· T.\IRF.S "'(E PE[\'P.~T R1':CUP.ILLTROCE t'ExCtllt."n trn '.liOTRE SUBSISTA~CE~ CELA PROl'\'E Dt:MOI\C:. NOTRE COPROPltttTt. M \h SI, '.'ATCRELU:'.'Œ\T, NOl~ ~Oll'\ŒS COPROPRU:TAIRf'-: l.T L'L'SIQUE CAl'SE DE TOUT IŒVE:'liU, LE I,no1T l)f, BOR'.'EK ~OTUE SUBSISTANCJ,;ET nr. fl'Ol:S PRIVER Dli SURVLUS EST US DROIT DE BRIGASD, • C'est l'attaque la plus véhémente, l,1 plus brutale el la plus nPlle qui ait Hé diri~ée, a,ant Proudhon, contre la proprirté. Ce n·est pas une boutade commP le mot de Brissot, c'tst toute une théorie. En fait, les travailleurs occupent la terre : ils ~ont le~ seuls qui l'occupent tl'nne manière conLinue. • Le fainéant qui ~e dit propri1'tairt' • peul s'absenter rlu domaine sans que la

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==