26 HISTOIRE SOCIALISTE d'entendre Thuriot. 'randis que la Commune, cherchant sa force dans la passion de vengeance du peuple, n<'glige de lo r~ppeler au devoir d'humanité, tandis que nobespierre qui sait que son intervention irrite la Gironde, se prodigue avec un orgueil amer, tandis que Jlri~sot de~cend à des roueries mi,érallks, Thuriot songe que si la Hé1•ol11Liosne couvre de sang, les peuples ne reconnaîtront point en elle la haute figure de l'humanité. Et il crie aux partis, il crie aux individus rivaux : « Unissez-, ous pour que la Révolution puisse rester humaine. » Oui, grande parole, mals qui ne rut pas entendue! Entre la Commune et l'Assemblée le conflit ~•aggravait. Les révolutionnaires parisiens qui avec le concours des Ccdérés concentrés Il Paris, avaient sauvé la fiévolution el la France, entendaient prolonger l'action révolutionnaire de l:i capitale, même après la réunion de la Convenlion. Dans un plan de Constitution soumis aux J ,·ohins le 1~ aoùl, la section du marché des Innocents demande que Par:s ait un rôle exceptionnel. « Les décrets que la Convention rendra pour l'établissement d'une constitution et des lols permanentes ... ne seront obligatoires qu'après une acceptation dans les a~semblées primaires. Les décrets de simple administration n'auront pas besoin d'être acceptés. Si cependant la Con1Je11tionprenait quelques mesures bien dange1·ruses, la Commune de Paris, plus à portée d'agir que les autres à cause dr sa proximité, pourra la 1·equérir et l'obliger de cUlibl-rer une secondr /ois sur cette mesw·e. • Déjà, les députés prenaient ombrage de ces paroles et commençaient à dénoncer les projets de « dictature • de Paris. :\laral, de son côté, redoublait de violence. Trois jours à peine après l'article optimiste du 16 aoôt où il rli-ait que sous l'impulsion de la Commune tout allait au mieux, il dénonce la Législative, • les infâmes pères conscrits du manège trahissant le peuple et cherchant à faire trainer le Jugement des trallres jusqh'à l'arrivée de :\lollié qui marche sur Paris a\'ec son armée pour égorger les patriotes. •Ace moment même, Lafayette s'enruyail, abandonné par ses soldats, el il était enfermé dans une forteresse autrichienne. Mais il était dans le tempérament de Marat d'accueillir les pires rumeurs et il était dans sou dessein d'affoler et d'exaspérer. « Français, il n'est que trop vrai que l'Assemblée nationale a recommencé le cours de ses machinali- ns ·nrernnles et qu'elle le poursuit avec une impudeur, une e!Tronlerie, une audace, qui marqurnt a,sez le mépris qu·ene n pour vous et le dessein qu'elle a de vous remettre aux fers. Pour ,·ous apaiser tant qu'elle n redouté votre fureur, avec quelle ba~;.esse elle \'Oils a flattés, caressés, cnJolés ! Alors la loi suprômc de l'Etat était le salt;t d11peuple. \'ou, étiez te seul souverain, elle se faisait gloire d'Nre !lu nomurc des Sans-Culottes; ••• A peine avez-vous posé les armes et cessé de fa.ire couler le sang criminel qu'elle n'a plus songé qu'à vous endormir. » ELil sonne le tocsin de;; massacres:• Alais quel est le devoir du peuple?
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