Jean Jaurès - La Convention I

Il !STOi RE SOCIALIS'l'U: n·,,5t plus une ri-;,lrmenlalion corporalive des prix o<liclér de h;1ul pour mainl!'nir un ,•quilihrc indu,tril'I : c·esl la nrnin111be projetrc de la dè,110cratiQet dt's prolCtairc~:--urloute~ les valeur..:,donc, logirJtiemenl, sur ia proprid,' ,,11r-mêm1',()ui ne prc,senl, en celle sorte cl<s' ocialisation pro,·hai,w de )'(•chant;!', l'(•oauehe d'un communisme d6mocralique, étatiste el ecnlraliste'! Or, par une merveilleu,r coïncidence eLqui atteste que le socialisme til'nl de ses rarin,•s les '])lus diverses à la démocratie et à la llévolulion, au moment même où l'on devine au ras du sol la pointe il peine visible encore de ce qui sera le bahouvisme, ce qui sera le fouriérisme commence aussi it pointer: le socialisme de coopération lèvl' du nième sillon révolnlionnai,·e que le socialisme comn,unisle, el, comme celui-ci. il s'affirme à propos du problème des suhsislances soudainemPnL agrandi. c·e,l )lirh,•lel qui, a ver 1111e pénétration incon,parable. a dt'mêlé les antécédrn ls 1·01olulionnaire; du fouriérisme. Parlant de Lyon, il dit: « Nulle part plus que dans celle , i:Je, il 11'y eut rie rêveurs utopistes. Xulle part, le cœur blessé, brisé, ne cher<"ha plus inqui,'1eme11t cles solutions nou- ,elles au problème des destinées humaines. Là parure11l le, pre111iers sociali,tes, Ange el son successeor Fourier. Le pn•11rier.en lî'>:5, e,quis,ail le phalanstère, el Ioule celle doctrine ct·a,svcialion dont celui-ci s'ernpara avec la vigueur du génie. » Je l'a,·oue, celte phrase fut pour moi un èlilo11i,se11ll'nl. Quelle joie, au moment où par Dolhier cl quelc1ue~aulres, 11ou:-~;aisi~so1h ll' pa--stge de Hobt',pierre à Babeuf, cle la démonalie au co111111unisr11sei, 11011spouvions sabir amsi, par Ange cl le rno11vemrnl ly.,nnai, quP )lichrlPt si•~1111llee. passage de la Révolulic,n au fouriéri,111e ! JI me ,en,blail, ''"" la terre bouleversée ,le la Révolution. enlrnoir des ~rr,ur; ~an~ nornhre N la profonde évolution des forces. itais con,me la phra:;e de ~liehtlcl était sommaire 1 •l. Lichlenberger 11·y ,, point pri, garde; car il n'y fait même pas allusion dan, ,on li1re ~ur le Socùdi.,mP Pt la Jl,:cl/l1ttinn(rançaisr; il ne paniîl pas connaître Ange uu s'être inquiété de lui .. \u, Archives, où )lichelel a relrou,·é l'admirable lettre que Chalier, à la veille de son exécution, ad1·cssait au., sie11s, il n·y a pas trace d'Ange. Je me suis adressé à ~J.Gabriel ~1onod, qui a, comme on sait. les 1,apiers de )lichelet, el dans les notes que ~lichelcl a écrites, cinq ans apr/>s la publication de s011livre sur la Révolution française,;\! .. \lonod a trou Yi· ceci : • Qui a fait Fourier'/ Ni Ange, ni llabeuf: Lyon, seul précédent de Fourier. » ~lichelel veut dire que ce n'est pas l'action directe el précise de lei ou tel penseur qui a suscité le g611ie et l'œuvre de ~'ourier, mais le spectacle des mi>ères lyonnabes, el aussi J'ar,lenl hr,oin de justice qui travaillait ra.me de la cité. Mai, Ange reste, dans la pensée de Michelet, un des grands précurseurs socialistes.

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