Jean Jaurès - La Convention I

200 JJISTUITlE SOCIALlSTi, Jeurs grenier:;, le marchand n'ose se livre,· il se, spéculations; le co111merce languil, cl de là, nous éprou\'ons des ct'isPllespartielle~ el factice,, au milieu tl'1111r abonda,1ce réelle. » Fabre, de lïléraull, dil dans son rapport du 3 novembre: • La France, s'il faul en croire les économistes les plus fameux, recueille, en f<éuéral,le blé nécessaire pour la consommation de ses habitants: el s'il esLimpossible d'avoir <lesdonnées certaines sur cel objel, Loule, les probabilité, se reunissrnl en favenr de cette hypolhè,e. Si la ré,·olte a été, cette année, slèrile dans quelques fléparlemenls, une lteureuse abondance a fertilisé les autrr~ et d1·rnit répnrel' ce.ç maux partirls. Les pétitions contiennent l'aYeu qu'on ne nnnque pa~ de grain. • IHîr'oy dit, le 1() nol'embre : « c·esl au milieu de l'abondance que lc1disette menace le peuple. » Jsnré écrit, à propos d'un di:-lrir,l de l'Oise: « D'après les connaissarrces parraite;; que j'ai recueillies par mes obserl'alion, et par les aperçus que nos commellants connai-senl eu,-mt'mes, je puis assurer que ce dblricl aura, au delà de sa consomrnalion, 13000 setiers de fromenl, <le273 livres, poid, de marc; pareille ob~errntion laite :;ur tous les dislricls du département de l'Oise, après avoir déduit ce qui convient 011 raison de la population et de l'ingratitude du sol de plusieurs cantons, il en résultera, lrè, cerlainemenl, que ce départemrnl pourra céder à ses voisins 80000 ,cliers. » L·•quinio dit, le :20 nol'Cmbre: « La !~rance manque-l-elle de blé? Non. La ~'rance recueille actuellement au delà de se5 besoir,s. Celle année, la récolte a généralemenlélé bonne el nous y louchons encore; aus,i, quand elle serait insul'flsante pour les be;oins de l'année entière, il est de toute évidence que nous sommes, en ce moment, dans ane abondance réelle. » Fayan s'écrie le même jour : « Soulîrirez-Yous plus long lemps que ies Français gémissenl au milieu de l'abondance? « ... Il y a, n'en doutez poinl, dans la !l.épublique, plus de grains qu'il n'en fout pour la consommation clcs citoyens. » Sainl-Jusl affirme que les produits sont seulement cachés, par l'elîel de la surabondance du signe monétaire. Dufriche-Valazé, qui combat précisément les évaluations optimistes, reconnall cependant qu'il y a assez de grains : « Youlez-vous, dit-il, que j'ajoute tout le possible à la supposition faite par les écono1nistes? Eh bien! je consens que les terres, l'une dans l'autre, rapporlenl 1 i,6 pour un, les semences préleYées; il en résullera que nous sommes au pair de nos besoins, saur le cas de stérililé générale ou partielle. Ici se dissipe un beau réve, qui ne s'est que trop prolongé; ici Lous les év6-

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